mercredi 11 février 2026

Niger : Tiani se tourne vers Patrice Talon pour garantir la sécurité d’un convoi militaire

Malgré des relations fragiles entre Niamey et Cotonou, les autorités nigériennes ont récemment demandé l’appui du Bénin pour sécuriser le passage d’équipements militaires transitant du port de Lomé, au Togo, vers Sègbana, dans le nord du Bénin, avant leur transport vers le Niger.

Cette initiative survient alors que le président nigérien, le général Abdourahamane Tiani, a multiplié ces derniers mois les critiques à l’encontre du Bénin et de son homologue Patrice Talon, accusé notamment de collusion avec des puissances étrangères et d’offrir une base arrière à des forces internationales.

L’appel à Cotonou pour assurer l’escorte d’un convoi militaire suscite des interrogations, alors que les relations entre les deux pays se tendent et que les accusations se multiplient. Certains observateurs y voient un paradoxe diplomatique, d’autres une reconnaissance pragmatique des réalités sécuritaires et logistiques de la sous-région.

Le choix du corridor béninois pour le transit militaire traduit en effet une confiance particulière envers les dispositifs sécuritaires de cet axe stratégique. Ce trajet est perçu comme plus fiable que d’autres alternatives régionales, notamment en raison des risques élevés dans certaines zones frontalières.

Du côté béninois, les Forces armées béninoises (FAB) ont assuré l’escorte du convoi sans communication excessive ni polémique publique. Cette posture reflète la politique affichée par Cotonou, qui privilégie la coopération régionale et la stabilité sécuritaire, indépendamment des divergences politiques. La discrétion observée souligne le caractère pragmatique de cette collaboration, qui se concentre sur les aspects logistiques et sécuritaires plutôt que sur la diplomatie publique.

Cet épisode révèle la complexité des relations entre États voisins, où les impératifs sécuritaires peuvent imposer des formes de coopération ponctuelle même dans un contexte de tensions diplomatiques. Il met en lumière le contraste entre les déclarations politiques et les réalités opérationnelles sur le terrain, où la sécurité des convois militaires prime sur les différends.

Reste à déterminer si cette coopération technique constituera un premier pas vers un apaisement plus large entre Niamey et Cotonou, ou si elle restera un simple arrangement pragmatique dicté par les circonstances. Dans tous les cas, elle souligne la nécessité de concilier diplomatie et sécurité dans une sous-région marquée par des défis persistants.

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