La qualité du sperme masculin a nettement diminué au cours des quarante dernières années dans plusieurs régions du monde. Selon une étude publiée dans Human Reproduction Update, la concentration de spermatozoïdes par millilitre de sperme est passée de 101 millions en 1973 à 49 millions aujourd’hui chez les hommes d’Amérique du Nord, d’Europe, d’Australie et de Nouvelle-Zélande. Ce phénomène touche autant le nombre total que la mobilité et la morphologie des spermatozoïdes.
Les perturbateurs endocriniens (PE), présents dans de nombreux produits du quotidien comme les cosmétiques, les contenants alimentaires ou les produits ménagers, figurent parmi les principaux facteurs pointés. Ces substances interfèrent avec la production hormonale et peuvent entraîner une diminution de la quantité et de la qualité des spermatozoïdes, ainsi qu’une augmentation des anomalies morphologiques.
Une étude menée par l’IRSET à Rennes et l’Université de Genève montre que les hommes exposés in utero aux perturbateurs endocriniens présentent deux fois plus de risque d’avoir une concentration de spermatozoïdes inférieure aux normes définies par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Les polluants environnementaux jouent également un rôle majeur. Métaux lourds, pesticides, microplastiques ou produits chimiques industriels peuvent altérer l’équilibre hormonal et fragmenter l’ADN des spermatozoïdes. La contamination de l’air, de l’eau et des aliments entraîne une accumulation de ces toxines dans l’organisme, compromettant la fertilité masculine. Des chercheurs ont récemment appelé à des politiques publiques pour réduire l’exposition aux polluants et protéger la santé reproductive.
Le mode de vie a un impact direct sur la qualité du sperme. Tabac, consommation excessive d’alcool, alimentation riche en graisses saturées, stress chronique, surpoids, manque de sommeil et exposition à la chaleur peuvent affecter la spermatogenèse. Certains chercheurs évoquent même l’influence des ondes électromagnétiques, une utilisation intensive du téléphone portable étant associée à une baisse de concentration des spermatozoïdes.
Malgré cette baisse de 50 %, la concentration moyenne reste supérieure aux seuils minimaux de l’OMS, fixés à 16 millions de spermatozoïdes par millilitre. La spécialiste Pr Célia Ravel rappelle la forte variabilité individuelle. Pour lui, le nombre de spermatozoïdes peut fluctuer temporairement en raison du stress, de la fatigue ou d’une infection récente. Même des concentrations faibles peuvent permettre une fécondation, selon l’âge et la fertilité du partenaire.
