mercredi 11 février 2026

Abomey-Calavi : Nathanaël Koty, l’option de reconfiguration silencieuse au sommet de la mairie

Dans la séquence post-électorale ouverte par les communales du 11 janvier 2026, Abomey-Calavi s’impose une nouvelle fois comme un laboratoire politique à part entière. Plus grande commune du Bénin par sa population, son poids électoral et sa centralité stratégique, elle concentre aujourd’hui des enjeux de gouvernance qui dépassent largement l’échelle locale.

Officiellement, le maire sortant Angelo Ahouandjinnou demeure en position favorable pour conserver son fauteuil. Mais, dans les cercles internes de la majorité présidentielle, un autre scénario, plus discret mais désormais crédible, prend forme : celui de Nathanaël G. D. Koty, dont l’entrée calculée dans le Conseil communal rebat subtilement les équilibres.

Godomey, centre de gravité politique de la commune

Le fait politique structurant intervient le 9 février 2026, lors de la première session ordinaire du Conseil d’arrondissement de Godomey. Ce jour-là, Igor Alignon Boco, conseiller communal élu et chef d’arrondissement sortant, annonce sa démission volontaire du Conseil communal, laissant son siège à son suppléant, Nathanaël Koty.

Dans un environnement politique où peu de gestes sont innocents, cette démission relève d’une manœuvre stratégique pleinement assumée. Godomey constitue à elle seule le principal réservoir politique de l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) à Abomey-Calavi, avec 13 conseillers communaux sur les 19 que compte la commune. Une majorité interne suffisamment structurante pour influencer, voire orienter, l’issue de l’élection du futur maire.

En appelant publiquement à soutenir Nathanaël Koty, Igor Alignon Boco a opéré un transfert de centralité politique : du chef d’arrondissement vers une figure appelée à jouer à l’échelle communale, au moment précis où s’ouvrent les arbitrages décisifs.

Un profil hors norme pour une gouvernance locale

Nathanaël Koty ne correspond pas au profil classique des figures municipales béninoises. Son parcours s’est d’abord construit en dehors des arènes locales, dans des sphères institutionnelles et internationales où les exigences de gouvernance sont élevées.

Président de World Skate Africa, il a été élu puis reconduit à la tête de l’instance continentale, bénéficiant d’une reconnaissance transnationale. Il a également occupé des responsabilités au sein de la gouvernance mondiale du roller sports, notamment comme vice-président de la fédération internationale.

Cette trajectoire lui confère une expérience managériale et institutionnelle rare à l’échelle communale : pilotage d’organisations complexes, négociation multilatérale, gestion de réseaux d’acteurs aux intérêts divergents. Autant de compétences que ses soutiens estiment transposables à la gestion d’une commune aux défis multiples comme Abomey-Calavi.

Une inscription claire dans l’architecture de la majorit

Sur le plan politique, Nathanaël Koty s’inscrit de longue date dans la dynamique de la majorité présidentielle. Fondateur du Parti pour l’Engagement et la Relève (PER), il a accompagné, puis facilité, la fusion de cette formation avec l’Union Progressiste le Renouveau en septembre 2022, contribuant à la consolidation du pôle présidentiel.

Son intégration au Bureau politique de l’UP-R ainsi qu’au comité d’étude des candidatures l’a placé au cœur des mécanismes internes de sélection et d’arbitrage. En 2021, le dépôt  certes invalidé  de sa candidature à l’élection présidentielle avait déjà révélé une ambition politique structurée, inscrite dans le temps long.

Proche de la ligne gouvernementale, il assume son adhésion aux réformes portées par le président Patrice Talon, notamment celles relatives à la rationalisation de l’action publique, à la discipline institutionnelle et à la refondation du système partisan.

Le scénario du recours stratégique

Dans les cercles internes de la majorité, la question n’est plus de savoir si Angelo Ahouandjinnou est légitime, mais si son maintien constitue la meilleure option stratégique au regard des équilibres nouveaux issus des urnes.

Dans cette perspective, Nathanaël Koty apparaît comme une solution de reconfiguration maîtrisée : suffisamment ancré dans la majorité pour rassurer, suffisamment extérieur aux tensions passées pour rassembler. Son arrivée au Conseil communal, portée par le bloc décisif de Godomey, modifie les rapports de force sans provoquer de rupture frontale.

Il incarne ainsi une option de recours, activable si les équilibres internes venaient à se fragiliser ou si un consensus alternatif devenait nécessaire pour préserver la cohésion de la majorité à Abomey-Calavi.

Une séquence encore ouverte

À ce stade, aucune décision formelle n’a été arrêtée. Le maire sortant conserve des soutiens solides, et les discussions demeurent confinées aux espaces de délibération internes. Mais un fait est acquis : le jeu n’est plus figé.

Par son positionnement, son parcours et le soutien stratégique dont il bénéficie à Godomey, Nathanaël Koty s’est imposé comme un acteur central de la nouvelle mandature, au-delà de son statut récent de conseiller communal.

À Abomey-Calavi, où la gouvernance locale est devenue un enjeu politique majeur, son nom s’inscrit désormais parmi ceux qui comptent  non comme une rupture, mais comme une variable stratégique susceptible, le moment venu, de redéfinir l’équation municipale.

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