Le gouvernement béninois a officiellement lancé, le 11 février, son Plan d’actions pour l’économie circulaire. Soutenu par la Banque africaine de développement, ce programme national a pour but de restructurer durablement le modèle économique du pays, en faisant de la gestion des ressources, du recyclage et de la valorisation des déchets des leviers de croissance, d’emploi et de résilience.
À l’horizon 2035, les objectifs affichés sont chiffrés et ambitieux. Le gouvernement vise un taux de 25 % de recyclage, une collecte intégrale des déchets en zone urbaine et 60 % en milieu rural, ainsi que la formation de 15 000 citoyens aux métiers liés à la circularité. Le plan prévoit également la création de 300 entreprises spécialisées, contre seulement 19 actuellement, avec l’ambition de structurer un véritable secteur économique.
Certaines bases existent déjà. Près de 70 % des matériaux issus des anciennes routes font déjà l’objet de recyclage, tandis que 90 % des eaux industrielles de la zone économique de Glo-Djigbe sont retraitées. Pour le ministre du Cadre de vie et du Développement durable, José Didier Tonato, cette orientation s’inscrit dans une vision de transformation économique globale, alignée sur la Vision Bénin 2060, au-delà de la seule dimension environnementale.
L’initiative bénéficie du soutien du Fonds africain pour l’économie circulaire de la Banque africaine de développement. L’institution financière entend accompagner la mise en œuvre opérationnelle du plan et renforcer les capacités nationales. Les partenaires techniques ont récemment salué l’émergence d’un écosystème entrepreneurial dynamique à Cotonou, porté notamment par une nouvelle génération de jeunes innovateurs.
Les défis restent cependant considérables. Le pays produit environ 1 700 tonnes de déchets municipaux par jour et près de 50 000 tonnes de plastiques par an, dont une part importante échappe encore aux circuits de valorisation. Les conséquences affectent directement la santé publique, l’environnement urbain et l’économie locale.
À travers ce plan, les autorités ambitionnent de faire de l’économie circulaire un véritable moteur de transformation économique et sociale, capable d’articuler performance, inclusion et protection durable des ressources.
