mardi 17 février 2026

Afghanistan : un nouveau code pénal taliban légalise les violences domestiques contre les femmes

Une nouvelle législation adoptée par les autorités talibanes suscite l’effroi des organisations de défense des droits humains. Selon un code pénal de 90 pages, validé par le chef suprême Hibatullah Akhundzada, un mari peut désormais infliger des violences physiques à son épouse ou à ses enfants, à condition qu’elles n’entraînent ni « fractures » ni « plaies ouvertes ».

Les sanctions prévues contre les auteurs de violences demeurent faibles ; même dans les cas les plus graves, la peine maximale reste limitée à quinze jours de prison. Le texte introduit également des inégalités structurelles en distinguant les accusés selon qu’ils sont considérés comme « libres » ou « esclaves », un vocabulaire qui ravive les pires pratiques.

Les violences psychologiques et sexuelles ne sont pas explicitement condamnées. Même en cas de blessures graves, la victime doit être capable de présenter ses blessures devant un juge, une démarche quasiment impossible dans un pays où les femmes doivent être entièrement voilées en public. Un autre obstacle majeur s’ajoute, toute comparaison judiciaire exige désormais la présence d’un chaperon masculin (mari ou parent) ce qui, dans les affaires de violences conjugales, revient à demander à la victime de se présenter avec son agresseur.

Les femmes mariées qui se rendent chez des proches sans l’autorisation de leur époux, y compris pour fuir des violences, s’exposent à une peine de prison pouvant aller jusqu’à trois mois. Plusieurs organisations dénoncent une législation qui assimile les épouses à la « propriété » de leur mari et abroge de fait les protections instaurées par la loi sur l’élimination de la violence contre les femmes (EVAW), adoptée en 2009 sous l’ancien gouvernement.

Le groupe de défense des droits humains Rawadari a averti que ce code pénal légitime les « abus, mauvais traitements et châtiments » infligés aux femmes et aux enfants. L’organisation appelle à l’arrêt immédiat de son application et demande à la communauté internationale d’utiliser « tous les instruments juridiques disponibles » pour empêcher sa mise en œuvre.

Depuis le retour des talibans au pouvoir en 2021, les femmes afghanes ont été exclues de l’enseignement secondaire et universitaire, écartées de nombreux emplois publics et privés, et chassées des espaces publics. Ce nouveau code pénal marque une étape supplémentaire dans l’institutionnalisation de leur effacement.

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