mardi 17 février 2026

Maires installés sans heurts : le pouvoir au parti majoritaire fait ses preuves

Pour la première fois depuis 2002, l’installation des maires s’est déroulée sans heurts majeurs dans la quasi-totalité des communes du Bénin. En seulement trois jours, le processus a été mené à terme sur l’ensemble du territoire, à l’exception notable de Natitingou où des frictions ont été signalées. Ailleurs, les opérations se sont déroulées avec célérité et sérénité, sans contestations ni contentieux portés devant la justice.

Pour mesurer l’ampleur du changement, il faut revisiter les précédentes expériences. Autrefois, les installations donnaient lieu à d’interminables tractations politiques, parfois au prix de séquestrations et d’achats de conscience. Des conseils communaux restaient bloqués pendant plusieurs semaines, paralysés par des désaccords internes. En 2002 et 2008, plusieurs communes ont même connu des reprises partielles de scrutin.

Le mécanisme en vigueur à l’époque permettait à des partis arrivés en troisième position de conquérir la mairie grâce à des alliances opportunistes. À Abomey-Calavi en 2002, le PRD avait pris le contrôle de la commune avec Liamidi Houenou De Dravo à sa tête, grâce à une alliance contre-nature avec l’UBF pour reléguer sur le banc de touche la RB pourtant arrivée en tête. Même scénario en 2008 avec le micro-parti RDC-Mifon, crédité seulement de deux conseillers sur 37, avait décroché la mairie grâce à un accord stratégique avec la FCBE, afin d’écarter à nouveau la RB majoritaire.

La réforme change la donne

Aujourd’hui, la loi confère clairement le pouvoir de désignation du maire au parti majoritaire. Finies les combinaisons post-électorales imprévisibles. Le processus gagne en cohérence et en lisibilité démocratique.

Dans les faits, les deux principaux partis, l’UPR et le BR, appliquent une méthode structurée : consultation des coordinations communales pour proposer des profils consensuels, validation par les directions nationales, puis entérinement par les conseils communaux. Les tensions se résorbent en amont, les décisions arrivent stabilisées.

Seule la commune de Natitingou a connu des frictions, sans pour autant compromettre l’installation. Ce cas isolé rappelle que la maturité politique reste un chantier permanent, mais il n’entame pas le constat général.

Une nouvelle ère pour la gouvernance locale

Cette installation sans heurts révèle une évolution notable. Désormais au Bénin, la décentralisation entre dans une phase plus disciplinée. Les exécutifs locaux peuvent désormais commencer leurs mandats dans la sérénité, sans les crises qui ont longtemps fragilisé la gouvernance locale dès l’entame.

L’audace des réformes clôt une période caractérisée par des crises répétées et inaugure une ère de mise en place rapide et maîtrisée. Natitingou symbolise le dernier sursaut d’un système en voie de stabilisation et offre un horizon où l’ordre et la continuité semblent enfin possibles.

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