mardi 17 février 2026

Porto-Novo : un propriétaire retrouve sa moto volée en pleine circulation

L’histoire avait commencé en octobre 2025, dans les rues de Porto-Novo. Un propriétaire de moto PCX, volée quelques mois plus tôt, reconnaît son engin en pleine circulation. Il immobilise le véhicule et porte plainte.

S’ensuit une enquête qui a mené, mercredi 11 février 2026, à l’audience du tribunal de première instance de Porto-Novo, où se sont confrontés le revendeur présumé, le client acquéreur de la moto, la victime et un témoin.

Le prévenu, accusé d’avoir revendu la moto volée, affirme l’avoir achetée à Allaba, au Nigeria, sur commande de son client, lequel comparaissait également à la barre. Ce dernier, toujours en possession de l’engin, admet ne pas avoir les papiers, faute d’avoir soldé la totalité du paiement.

De son côté, la victime maintient avoir reconnu sa moto malgré des modifications : peinture changée, plusieurs organes remplacés. Preuve ultime à ses yeux, deux pièces de 100 F CFA qu’il avait déposées dans le coffre avant le vol, retrouvées intactes.

Mais à l’audience, la défense du nouvel acquéreur a vigoureusement contesté ces éléments. « Vous n’êtes pas le seul à utiliser ce type de batterie », a opposé l’avocat au plaignant, qui évoquait la couleur jaune de la batterie comme marque distinctive. Quant aux deux pièces, le conseil a ironiquement demandé si elles avaient été marquées d’un signe particulier.

Autre incohérence majeure, le numéro de châssis fourni par le revendeur ne correspond pas à celui retrouvé sur la moto. Le prévenu a tenté de justifier cette discordance par une « erreur » du vendeur nigérian, un certain « Ibo ».

La défense a également relevé une incohérence temporelle. Selon le prévenu, il affirme avoir acheté la moto début mai 2025 et l’avoir livrée à son client le 15 mai, alors que la victime déclare que le vol a eu lieu en septembre 2025. Soit six mois après la transaction supposée.

Face à ces contradictions et à l’évocation de plusieurs autres acteurs dans la chaîne de transaction, la défense de la victime a requis que certaines personnes clés soient convoquées. « Il s’agit d’un réseau qui opère en bande organisée », a-t-elle avancé.

Le ministère public a relevé l’ensemble des manœuvres frauduleuses, parmi lesquelles le numéro de châssis non conforme, les modifications du véhicule et plusieurs indices troublants. Après les débats, le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au mercredi 4 mars 2026 pour permettre des investigations complémentaires.

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