mardi 17 février 2026

Municipales 2026 en France : ces maires octogénaires qui refusent de raccrocher l’écharpe

À quelques semaines des élections municipales en France, une génération de barons locaux s’apprête à briguer un énième mandat. Laurent Cathala (80 ans, Créteil), André Laignel (83 ans, Issoudun), André Santini (85 ans, Issy-les-Moulineaux), Jacques Kossowski (85 ans, Courbevoie) et Patrick Ollier (81 ans, Rueil-Malmaison) se représentent tous, forts de décennies à la tête de leurs communes. Une longévité politique qui suscite autant d’admiration que de critiques.

Pour ces élus, la motivation est simple : l’amour de leur ville. « C’est l’amour de ma ville qui est au cœur de ma démarche », assure André Laignel, maire d’Issoudun depuis 1977. Patrick Ollier évoque sa « passion totale », tandis que Laurent Cathala, aux commandes de Créteil depuis 48 ans, résume : « Quand on aime, on ne compte pas ». Tous se disent en pleine forme, malgré des alertes de santé pour certains. André Santini, récemment hospitalisé après une chute, a tenu à rassurer les Isséens. « J’ai dû prendre soin de ma santé mais aujourd’hui, je suis prêt », a-t-il déclaré.

Face à ces figures historiques, les opposants plaident pour un changement générationnel. « Quarante-huit ans de mandat, ce n’est pas anodin. Ça installe certaines habitudes », critique Abdoulbar Djaffar, candidat Insoumis à Créteil. À Issy-les-Moulineaux, Cécile Soubelet (PS) dénonce « un système très vertical, de l’entre-soi ». Même tonalité à Courbevoie, où Aurélie Taquillain (divers droite) fustige une « politique à l’ancienne » avec « des réseaux bien installés ».

Paradoxe, même les opposants reconnaissent le travail accompli. À Issy, André Santini « a su attirer les sièges sociaux de grandes entreprises : Coca-Cola, Microsoft, Orange… », admet Cécile Soubelet. À Créteil, le candidat Insoumis évoque les « politiques ambitieuses » de Laurent Cathala. À Issoudun, le représentant de Lutte ouvrière salue un maire « apprécié pour son travail ».

Sur les marchés, les avis divergent. Gérard, retraité de 78 ans, conseille au maire de Courbevoie d’aller « se reposer ». Sylvie, 55 ans, manager, se dit plutôt « agacée par les dissidences » internes. Tous ces maires ont été réélus en 2020, souvent dès le premier tour, mais avec une abstention parfois très supérieure à la moyenne nationale. Pour Abdoulbar Djaffar, « cela traduit un sentiment que voter ne sert à rien ».

Reste à savoir si, en 2026, le désir de renouveau l’emportera sur la force de l’habitude.

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