Le verdict des urnes est tombé, et il est sans appel. À l’issue des élections couplées législatives et communales du 11 janvier 2026, la représentativité féminine dans les instances locales reste dramatiquement faible. Sur les 77 communes que compte le Bénin, seules quatre femmes ont été élues maires, et à peine 79 conseillères municipales siègeront dans les nouveaux conseils communaux. Un fossé qui interroge sur la place réelle des femmes dans la gouvernance locale.
Selon les données publiées après l’installation des conseils communaux, les quatre femmes élues maires sont Marguerite Agbanzé (Toffo), Saï Patricia Ponna (Toucountouna), Alazi Osséni Saka Zinatou (Kandi) et Adégnika Angélique Titiloya (Kétou). Une présence symbolique (environ 5 % des maires) qui contraste avec les progrès observés au niveau parlementaire, où 29 femmes siègent à l’Assemblée nationale.
L’analyse des listes électorales révèle une réalité crue. Selon une étude publiée en novembre 2025, hors quotas, seules 21 femmes figuraient sur 170 candidatures pour les législatives, et à peine cinq d’entre elles étaient en position de tête de liste. Dans le détail, le Bloc Républicain (BR) a positionné quatre femmes en tête ou en position visible, tandis que l’Union Progressiste le Renouveau (UPR) n’en proposait qu’une seule, reléguant le reste des candidates au rôle de suppléantes.
L’effet des quotas est mécanique et porte la présence féminine totale à 117 candidates, soit 26,83 %, mais ces chiffres flatteurs masquent une réalité politique bien moins ambitieuse. Les partis semblent se contenter du minimum légal et laissent les femmes en marge des postes stratégiques.
Le résultat final en dit long. Sur l’ensemble des conseillers communaux élus (près de 2.000), seules 79 sont des femmes. Un déséquilibre majeur qui traduit les obstacles structurels et socioculturels qui freinent l’accès des femmes aux fonctions de décision politique.
Si le Bloc Républicain a compris l’enjeu en positionnant quatre femmes têtes de liste aux législatives (une avancée saluée), le parti dirigé par le ministre d’État Abdoulaye Bio Tchané peut encore améliorer sa stratégie. L’UPR, de son côté, n’a placé aucune femme en position éligible. Un choix politique lourd de conséquences pour la parité.
L’expérience parlementaire démontre pourtant qu’une réforme bien pensée peut produire des résultats concrets. Les sièges réservés aux femmes à l’Assemblée nationale ont permis d’atteindre un taux de 25,69 % de députées en 2023 . La question qui se pose désormais est celle de l’extension de ce type de mécanisme au niveau communal, où l’absence de dispositions contraignantes continue de pénaliser la représentation féminine.
Alors que les nouveaux conseils communaux s’installent pour un mandat de sept ans, le chantier de la parité dans la gouvernance locale reste largement ouvert. Et le fossé à combler est immense.
Suivez-nous sur Nasuba Infos via notre canal WhatsApp. Cliquez ici.
