La justice sud-coréenne a rendu son verdict. L’ancien président conservateur Yoon Suk-yeol a été reconnu coupable ce jeudi 19 février, d’avoir dirigé une insurrection en imposant brièvement la loi martiale et en envoyant l’armée au Parlement en décembre 2024. Le tribunal du district central de Séoul l’a condamné à la réclusion à perpétuité.
Le 3 décembre 2024, Yoon Suk-yeol avait surpris la nation en déclarant la loi martiale et en ordonnant à l’armée d’investir l’Assemblée nationale. Mais des députés avaient réussi à se faufiler dans l’hémicycle pour voter une résolution contre ce coup de force, obligeant le président à faire marche arrière après seulement six heures de suspension du régime civil.
« Concernant l’accusé Yoon Suk-yeol, le crime de direction d’une insurrection est établi », a déclaré le juge Ji Gwi-yeon en lisant son verdict. L’ancien dirigeant de 65 ans, qui comparaissait détenu, a échappé à la peine capitale requise par le parquet, même si aucune exécution n’a eu lieu en Corée du Sud depuis 1997.
L’ex-ministre de la Défense Kim Yong-hyun a écopé de 30 ans de prison. L’ancien Premier ministre Han Duck-soo a été condamné à 23 ans d’incarcération fin janvier, tandis que l’ex-ministre de l’Intérieur Lee Sang-min a été condamné à sept ans de prison la semaine dernière pour leur rôle dans ce scandale.
Yoon Suk-yeol, déjà destitué en avril 2025, avait nié tout méfait. Il a affirmé avoir agi pour « préserver la liberté » et restaurer l’ordre constitutionnel contre ce qu’il qualifiait de « dictature législative » de l’opposition. Son coup de force a plongé le pays dans une profonde crise politique, dont la condamnation historique de ce jeudi ouvre une nouvelle phase dans le dossier judiciaire.
