Vingt ans après leur incarcération, Gérard Ondo Ndong et Roger Belinga ont recouvré la liberté. Les anciens directeurs généraux du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (Feicom) et de la Société immobilière du Cameroun (SIC) ont été libérés, vingt ans jour pour jour après leur arrestation en 2006 dans le cadre de l’opération « Épervier ».
À l’époque, le Cameroun figurait parmi les pays les plus corrompus de la planète selon Transparency International. Le président Paul Biya lance alors l’opération « Épervier » pour lutter contre la corruption et assainir la gestion des finances publiques. Ondo Ndong et Belinga sont les premiers hauts fonctionnaires happés par ce filet, accusés de détournement de plus de 36 milliards de FCFA.
L’opération « Épervier » a permis l’incarcération de dizaines de pontes du régime, parmi lesquels d’anciens secrétaires généraux de la présidence (Atangana Mebara, Marafa Hamidou Yaya) et un ancien Premier ministre (Ephraïm Inoni), toujours détenus.
La sortie de prison d’Ondo Ndong et Belinga relance les discussions sur l’efficacité de l’opération « Épervier », vingt ans après son lancement. Si l’objectif affiché était de juguler les détournements et restaurer la discipline financière, certains analystes y voient un outil de conservation du pouvoir. Le chef de l’État « s’en serait servi pour bloquer toute velléité de succession au sein de l’appareil d’État », avancent-ils.
