Une Philippine de 35 ans a vécu une expérience pour le moins surprenante. Après chacune de ses trois grossesses, ses aisselles se mettaient à gonfler et à produire du lait maternel. Un cas rare de tissu mammaire ectopique rapporté dans la revue JAAD Case Reports.
La patiente est née avec un surplus de tissu mammaire de chaque côté des aisselles. Cette malformation congénitale, appelée tissu mammaire ectopique, passe généralement inaperçue jusqu’à ce que certaines hormones commencent à être sécrétées, à la puberté ou durant la grossesse. Ces « seins supplémentaires » ne sont habituellement pas dotés de mamelons et d’aréoles.
Le phénomène a débuté il y a 15 ans, après son premier accouchement. Ses aisselles ont gonflé et produit des « sécrétions laiteuses provenant des follicules pileux sous-jacents ». La lactation a disparu après le sevrage, mais elle est réapparue à chaque grossesse suivante, avec un gonflement plus nette lors de sa dernière grossesse qui l’a finalement poussé à consulter.
Une malformation rare
Ce tissu ectopique réagit à la prolactine, l’hormone qui déclenche et maintient la lactation, exactement comme le tissu mammaire normal. La malformation est heureusement peu fréquente : elle ne concerne que 2 à 6 % des femmes et 1 à 3 % des hommes. La plupart des cas sont sporadiques (survenant de façon aléatoire), mais environ 6 % sont liés à des facteurs génétiques héréditaires.
Bien que rare, la présence de tissu mammaire ectopique augmente le risque de cancer du sein. Il peut également développer les mêmes problèmes qu’un sein normal, comme une mastite (inflammation). Dans le cas de cette patiente, aucun problème de santé n’a été détecté. Ses aisselles étant redevenues normales, elle n’a pas souhaité subir d’opération pour retirer le tissu.
Les médecins lui ont néanmoins recommandé des consultations de suivi régulières, en complément de ses examens de dépistage du cancer du sein. « Un bilan complet est prudent en raison du risque de développement d’affections mammaires bénignes et malignes », ont-ils souligné.
Ce cas évoque celui des tétons surnuméraires (polythélie), une condition qui concerne 6 % de la population mondiale. Les femmes comme les hommes peuvent être touchés par ces mamelons supplémentaires qui se développent souvent le long des crêtes mammaires, des lignes qui vont du dessus des aisselles, en passant par les seins, jusqu’au pubis et le haut de l’intérieur de la cuisse.
