Une onde de choc médiatique a traversé les États-Unis après la démission du médecin devenu influenceur, spécialiste de la longévité, de ses nouvelles fonctions de chroniqueur pour CBS News, à la suite de la révélation de centaines d’e-mails compromettants liés au criminel sexuel américain Jeffrey Epstein.
Il s’agit de Peter Attia. L’homme faisait partie d’un nouveau groupe de chroniqueurs annoncé en janvier, dans le cadre de la reprise en main de la chaîne par sa nouvelle rédactrice en chef, Bari Weiss. Il n’était pas encore apparu à l’antenne à ce titre.
Selon un porte-parole du médecin cité par le Washington Post, Attia « s’est retiré afin que son implication ne perturbe pas le travail important réalisé par CBS ». Son nom apparaît dans des centaines de documents de l’affaire Epstein dans la dernière salve publiée par le ministère de la Justice.
Dans un e-mail daté du 24 juin 2015 adressé à Jeffrey Epstein, Peter Attia s’interroge en ces termes « Tu sais quel est le plus gros problème quand on devient ami avec toi ? La vie que tu mènes est tellement scandaleuse et pourtant je ne peux en parler à personne… ».
Le médecin, suivi par plus d’un million d’abonnés sur YouTube, s’est exprimé sur le réseau social X au début du mois. « Je m’excuse et regrette de m’être mis dans une position où des emails, certains embarrassants, de mauvais goût et indéfendables, sont désormais publics. C’est ma responsabilité. J’accepte cette réalité et l’humiliation qui va avec », a-t-il déclaré.
Peter Attia est l’un des rares visages américains à connaître des répercussions concrètes liées à ses relations avec Jeffrey Epstein, mort en prison en 2019 en attendant son jugement pour trafic sexuel de mineures.
Avant lui, Larry Summers, ministre des Finances sous Bill Clinton, s’est retiré de la vie publique. Le milliardaire Thomas Pritzker, président exécutif du groupe hôtelier Hyatt, la directrice juridique de Goldman Sachs, Kathryn Ruemmler, ou encore le directeur du Whitney Museum of Art, David Ross, ont également démissionné de leurs postes.
La simple mention du nom d’une personne dans le dossier Epstein ne suppose aucun acte répréhensible a priori, mais les documents rendus publics montrent au moins des liens entre le criminel ou son entourage et des personnalités qui ont souvent minimisé, voire nié, l’existence de tels rapports.
