La police métropolitaine de Londres a confirmé dans un communiqué avoir arrêté « un homme de 72 ans pour soupçons de manquement dans l’exercice de fonctions officielles », sans nommer explicitement le suspect, conformément à l’usage britannique. Les enquêteurs soupçonnent Peter Mandelson d’avoir transmis des informations gouvernementales sensibles à Jeffrey Epstein lorsqu’il était ministre du Commerce dans le gouvernement travailliste de Gordon Brown, entre 2008 et 2010.
L’ancien ambassadeur a été vu quittant son domicile accompagné de deux policiers en civil, un homme et une femme, qui l’ont escorté jusqu’à une voiture banalisée. Après son interrogatoire, il a été remis en liberté sous caution dans l’attente de la poursuite des investigations.
Cette arrestation fait suite à des perquisitions menées début février dans deux résidences de Mandelson, l’une dans l’arrondissement de Camden à Londres et l’autre dans le Wiltshire. Les enquêteurs avaient alors saisi des documents et supports numériques.
L’affaire a été relancée fin janvier par la publication par le ministère américain de la Justice de millions de documents liés à Jeffrey Epstein. Ces archives ont révélé que Mandelson aurait partagé des informations sensibles avec le financier, notamment une note destinée au Premier ministre de l’époque sur un plan de sauvetage européen de 500 milliards d’euros. Des relevés bancaires suggèrent également que Peter Mandelson aurait reçu des versements totalisant 75 000 dollars de la part d’Epstein entre 2003 et 2004.
Figure historique du Parti travailliste, Peter Mandelson a été nommé ambassadeur à Washington par le Premier ministre Keir Starmer en décembre 2024. Il a été démis de ses fonctions en septembre 2025 après les premières révélations sur l’étendue de ses relations avec Epstein.
Depuis, il a quitté le Parti travailliste et démissionné de la Chambre des lords. Keir Starmer a présenté ses excuses aux victimes de Jeffrey Epstein, affirmant avoir été trompé par les « mensonges » de Mandelson lors du processus de nomination .
Cette arrestation fragilise le gouvernement travailliste de Keir Starmer, déjà ébranlé par la démission de son chef de cabinet et de son directeur de la communication. La dirigeante conservatrice Kemi Badenoch a qualifié cet événement de « moment décisif du mandat de Starmer ».
Le gouvernement s’est engagé à publier l’ensemble des documents liés à la nomination et à la révocation de Mandelson. Une première tranche devrait être rendue publique début mars.
