mardi 24 février 2026

Gabon : les avocats Bongo remettent en cause le doctorat français du procureur Minang

Au Gabon, les avocats d’Ali Bongo et de sa famille ont adressé ce lundi 23 février 2026 une lettre à plusieurs institutions françaises, dans laquelle ils accusent le procureur général près la cour d’appel de Libreville, Eddy Minang, d’avoir « déshonoré son grade universitaire » après les condamnations à 20 ans de prison des proches de l’ancien président.

En effet, mi-novembre, en l’absence des accusés et de leurs avocats, la Cour d’appel de Libreville a condamné à 20 ans de réclusion criminelle Sylvia et Noureddin Bongo, épouse et fils d’Ali Bongo, notamment pour des détournements massifs de fonds publics. L’accusation a estimé les sommes détournées à 4.917 milliards de FCFA (près de 7,5 milliards d’euros).

Les quatre avocats français de la famille Bongo fustigent des « peines absurdes » « prononcées en quelques heures d’audience et en l’absence de toute défense », après « un procès inique » et « digne des pires caricatures ».

Dans leur courrier adressé au ministre français de l’Enseignement supérieur, à l’Office français de l’intégrité scientifique et à l’Association française des docteurs en droit, les avocats désignent Eddy Minang comme « l’ordonnateur de cette cruelle parodie de justice ». Le procureur général, qui a obtenu en juillet 2023 un doctorat en droit de l’Université Panthéon-Assas à Paris, aurait selon eux « déshonoré son grade universitaire ».

Ils l’accusent également d’avoir « a minima avalisé des actes de torture et de barbarie » à l’encontre de leurs clients.

Des accusations de torture

Sylvia et Noureddin Bongo, arrêtés après le coup d’État du 30 août 2023 du général Brice Oligui Nguema, ont été emprisonnés pendant 20 mois au Gabon avant d’être remis en liberté provisoire et autorisés à quitter le pays. Possédant comme Ali Bongo la nationalité française, ils ont déposé une plainte pour « tortures » devant la justice française.

Ils affirment avoir été, durant leur détention au Gabon, « violemment torturés à répétition par les militaires les plus proches du président Oligui Nguema : fouettés, électrocutés, noyés, battus et bien pire ». Le général Oligui avait démenti toute forme de torture et promis un « procès équitable », retransmis en direct à la télévision, mais aucun des deux accusés n’est rentré au Gabon pour y comparaître.

La famille Bongo a dirigé le Gabon pendant 55 ans. Omar, pilier de la Françafrique, de 1967 à 2009, puis son fils Ali, de 2009 jusqu’au coup d’État de 2023. Le pays, petit État d’Afrique centrale, est riche en pétrole.

Suivez-nous sur Nasuba Infos via notre canal WhatsApp. Cliquez ici. 
Partager :

Plus d'actualités

Articles Populaires