Après le chocolat, faut-il désormais se méfier du riz ? Une étude menée dans une grande région rizicole de Chine, publiée dans Science Advances, révèle qu’une exposition au cadmium pourtant conforme aux normes sanitaires pourrait accroître le risque de maladie rénale chronique.
Qu’est-ce que le cadmium ?
Le cadmium est une substance cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction. Selon l’Agence de sécurité sanitaire (Anses), il « entraîne chez l’être humain des atteintes rénales et une fragilité osseuse lors d’une exposition prolongée, notamment par voie orale via l’alimentation et l’eau de boisson ».
Présent naturellement dans le sol, le recours aux engrais phosphatés et certaines activités industrielles comme la métallurgie peuvent augmenter ses taux. Ce métal lourd est absorbé par les plantes et peut ainsi se retrouver dans nos assiettes.
Les chercheurs de l’université médicale de Nanjing, située dans la province de Jiangsu, ont recueilli plusieurs centaines d’échantillons d’air, de sol et de riz, ainsi que de sang et d’urine chez des habitants consommant du riz local.
Les résultats montrent que la teneur moyenne en cadmium du riz de cette région (0,046 mg/kg) se situe pourtant bien en dessous des normes chinoises (fixées à 0,2 mg/kg). Mais le calcul des doses ingérées indique que 39 % des rations quotidiennes dépassent le seuil au-delà duquel existe une augmentation du risque de maladie rénale chronique.
Près de la moitié des adultes (48,40 %) dépassaient les niveaux de référence pour le cadmium dans le sang, et 20,61 % dans l’urine. Plus l’âge des participants était avancé, plus les taux de contamination étaient élevés.
Une préoccupation de santé publique en France
En France, l’imprégnation de la population au cadmium a pratiquement doublé entre 2006 et 2016, selon les données disponibles. En juin dernier, la Conférence nationale des unions régionales des professionnels de santé-médecins libéraux (URPS-ML) avait adressé un courrier au gouvernement pour faire part de son inquiétude.
L’étude Esteban pilotée par Santé publique France indique que 47 % des adultes et 18 % des enfants dépassent déjà la concentration critique pour le cadmium. Certains aliments comme les pommes de terre, le pain, les pâtes, les céréales du petit-déjeuner et le chocolat contribuent à cette exposition.
La consommation française de riz (4,5 kilos par an en moyenne) est bien inférieure à celle des Chinois (130 kg/an). Les teneurs limites sont également plus faibles en France (0,15 mg/kg contre 0,2 mg/kg en Chine).
Les chercheurs chinois appellent néanmoins à un abaissement des valeurs limites dans le riz. « Bien que la plupart des échantillons de sol et de riz contiennent des niveaux de cadmium inférieurs aux normes nationales de sécurité, nos résultats démontrent des risques persistants pour la santé », commentent-ils.
La solution : diversifier son alimentation
Face à ces incertitudes, les spécialistes recommandent de diversifier son alimentation en veillant à éviter les excès de produits céréaliers (pain, biscuits, pâtes), de pommes de terre, de chocolat et produits chocolatés… et désormais de riz.
