La gouverneure de Virginie, Abigail Spanberger, a été choisie pour donner mardi la réplique au président américain lors de son discours sur l’état de l’Union. À 46 ans, cette ancienne agente de la CIA incarne la stratégie de l’opposition démocrate pour peser face à Donald Trump à l’approche des élections de mi-mandat de novembre.
« Dans son discours, le président a fait ce qu’il fait toujours : mentir, chercher des boucs émissaires, détourner l’attention et n’offrir aucune solution concrète aux défis de notre nation », a déclaré Abigail Spanberger face caméra dans sa réponse traditionnelle au discours présidentiel. « Les Américains méritent des dirigeants qui s’attachent à résoudre les problèmes qui les empêchent de dormir », a-t-elle asséné dans une allocution aux airs de discours de campagne.
Première femme gouverneure de Virginie, plusieurs fois élue au Parlement, ancienne agente de la CIA (la principale agence américaine de renseignement), cette étoile montante du camp démocrate coche toutes les cases du parti. Dans les années 2000, elle a mené plusieurs missions à l’étranger pour le compte de la CIA, dont certaines sous couverture.
Elle s’est fait connaître sur la scène nationale en 2018 en remportant une circonscription de Virginie alors détenue par les républicains. Réélue comme députée, elle a ensuite accédé au siège de gouverneure l’an dernier dans un État de plus de huit millions d’habitants, au terme d’une campagne pragmatique centrée sur le coût de la vie.
Son élection a confirmé sa stature de femme politique capable de toucher des électeurs au-delà de la base démocrate, notamment sur les enjeux économiques et de sécurité nationale. Sur le terrain, « j’ai entendu partout les mêmes préoccupations pressantes : les coûts trop élevés du logement, des soins, de l’énergie, de la garde des enfants », a-t-elle insisté. L’élue démocrate refuse de laisser la primeur de ces sujets au camp républicain et adopte une position ferme sur les questions de sécurité et d’immigration. En effet, elle juge la politique migratoire « défaillante » et « à résoudre », tout en fustigeant la brutalité de la méthode Trump.
Son choix pour répondre au président reflète l’orientation prise par les démocrates pour leur stratégie à long terme. Il s’agit de miser sur une personnalité consensuelle, à la communication maîtrisée, plutôt que sur une opposition frontale et idéologique. Elle se démarque ainsi de figures comme l’icône de la gauche et nouveau maire socialiste de New York, Zohran Mamdani, ou le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, cible préférée de Donald Trump.
À quelques mois des élections de mi-mandat qui pourraient renverser le rapport de force avec un Donald Trump disposant des pleins pouvoirs, Abigail Spanberger incarne désormais l’espoir d’une lame de fond anti-Trump dans les urnes.
