L’ambassade des États-Unis au Zimbabwe a annoncé ce mardi 25 février 2026 qu’elle regrettait la décision du pays de se retirer des négociations sur l’aide américaine destinée à son système de santé. Harare invoque la protection de sa souveraineté pour justifier ce retrait.
Selon l’ambassade américaine, l’accord aurait fourni 367 millions de dollars de financement sur cinq ans. « Nous pensons que cette collaboration aurait apporté des avantages extraordinaires aux communautés zimbabwéennes, en particulier au 1,2 million d’hommes, de femmes et d’enfants qui reçoivent actuellement un traitement contre le VIH grâce aux programmes soutenus par les États-Unis », a déclaré l’ambassadrice Pamela Tremont dans un communiqué.
Le président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, a ordonné récemment la fin du processus de négociation, assurant que les termes proposés représentent une menace contre l’autonomie du pays. Dans une lettre datée du 23 décembre consultée par l’AFP, le secrétaire aux Affaires étrangères a écrit que le « le Zimbabwe doit mettre fin à toute négociation avec les États-Unis au sujet de ce protocole d’accord manifestement déséquilibré, qui compromet et sape ouvertement la souveraineté et l’indépendance du Zimbabwe ».
Selon les détracteurs de ces accords, les nouveaux arrangements bilatéraux donneraient à Washington un accès aux données de santé africaines et risqueraient de faire passer le contrôle des systèmes de réponse aux maladies hors des mains des autorités nationales.
En 2025, des négociations bilatérales sur la santé ont été engagées par Washington dans le cadre de la stratégie « Amérique d’abord », dans le but de contrer l’influence de la Chine en Afrique, où des milliards de dollars sont investis, principalement dans des projets d’infrastructure financés par des prêts.
Ces accords font suite au démantèlement de l’agence d’aide américaine (USAID) par le président Donald Trump et à la réduction du rôle des organisations non gouvernementales. Ils concernent des programmes de santé comme la lutte contre le sida, avec un objectif de partage des coûts.
Le premier pacte a été signé avec le Kenya en décembre, mais il a depuis été contesté en justice par un sénateur kényan pour cause de violations de la Constitution. Plus d’une douzaine de pays y ont adhéré, dont le Rwanda, l’Ouganda, le Lesotho et l’Eswatini.
