jeudi 26 février 2026

Côte d’Ivoire : le fonctionnement de la Facture normalisée électronique expliqué

Depuis son lancement officiel le 21 juillet 2025 au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, des zones d’ombre continuent d’entourer la Facture normalisée électronique (FNE), encore mal comprise par une partie des opérateurs économiques et du grand public. Face à cette persistance de la confusion, la Direction générale des Impôts a engagé une démarche de clarification.

Le 24 février 2026, Guillaume Aka, conseiller technique du directeur général des Impôts, était l’invité de l’émission « Tout savoir sur… » du Centre d’information et de communication gouvernementale (CICG). Son message principal est que la FNE n’alourdit pas la charge fiscale des entreprises. « Ce n’est pas un impôt de plus. Elle vise à garantir une meilleure traçabilité des transactions et à permettre à chaque acteur économique de contribuer proportionnellement à ses revenus », a-t-il affirmé.

Il s’agit avant tout d’une transformation numérique des procédures de facturation, pas d’une nouvelle ponction. Concrètement, la FNE constitue une évolution du système de facturation en Côte d’Ivoire. Elle ne supprime aucune mention exigée par les anciens textes. L’élément nouveau est la digitalisation et la dématérialisation des procédures : les factures doivent désormais être issues d’un processus certifié, via un module de facturation électronique, une application mobile ou un interfaçage API avec le système de l’entreprise.

La réforme vise plusieurs objectifs. Elle doit permettre de lutter contre la fraude fiscale et l’économie informelle, tout en élargissant l’assiette d’imposition. Elle facilite également l’archivage des documents commerciaux et réduit les risques de contentieux grâce à une base de données partagée entre les contribuables et l’administration.

Selon le ministre des Finances et du Budget Adama Coulibaly, l’un des objectifs de la FNE est de lutter efficacement contre la fraude et l’évasion fiscale afin de rehausser de façon significative le niveau des recettes intérieures. Le gouvernement ivoirien s’est engagé, dans le cadre de son programme avec le FMI, à relever le niveau des recettes fiscales d’au moins 0,5 point de pourcentage par an.

Pourtant, tous ne sont pas convaincus. Le Syndicat des Commerçants, Artisans et Opérateurs Économiques de l’Afrique de l’Ouest (SY.CAO.PAO) et l’Union des Commerçants des États de l’Afrique de l’Ouest (UCEAO) ont exprimé leurs inquiétudes et appelé à une concertation élargie, ainsi qu’à une application adaptée aux PME et aux petits commerçants. Ces organisations redoutent notamment que la réforme devienne, sur le terrain, un prétexte à des abus de certains agents de l’administration fiscale envers les petits opérateurs.

52 000 entreprises ont déjà adopté la FNE, selon la DGI. L’inscription se fait directement sur la plateforme en ligne, sans validation préalable de l’administration. Un chiffre qui témoigne d’une adoption progressive, mais qui laisse encore un grand périmètre à couvrir avant que la réforme n’atteigne pleinement ses objectifs de transparence fiscale.

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