Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a estimé que Pyongyang pourrait « bien s’entendre » avec les États-Unis si ceux-ci reconnaissaient le statut de puissance nucléaire de son pays, ont rapporté jeudi 26 février les médias d’État. Une déclaration qui signe un net adoucissement du ton par rapport au précédent congrès de 2021, où il avait désigné Washington comme le « plus grand ennemi » de sa nation.
Si Washington « respecte le statut actuel [de puissance nucléaire] de notre pays tel qu’il est stipulé dans la Constitution […] et abandonne sa politique hostile […] il n’y a aucune raison pour que nous ne puissions pas bien nous entendre avec les États-Unis », a déclaré Kim Jong-un, selon l’agence officielle KCNA.
Cette déclaration survient au moment où le président américain Donald Trump a récemment multiplié les gestes d’ouverture envers le dirigeant nord-coréen. Lors d’une tournée en Asie l’année dernière, Trump s’était déclaré « ouvert à 100 % » à une rencontre avec Kim Jong-un, allant même jusqu’à concéder que la Corée du Nord était « en quelque sorte une puissance nucléaire », une position en rupture avec plusieurs décennies de politique américaine.
Les spéculations s’intensifient sur la possibilité d’une rencontre entre les deux dirigeants en marge de la visite prévue de Donald Trump en Chine, annoncée pour avril. Au cours de son premier mandat, Trump s’était entretenu avec Kim à trois reprises pour tenter de parvenir à un accord de dénucléarisation, sans succès.
Si Kim Jong-un tend la main aux États-Unis, il réserve en revanche un tout autre traitement à la Corée du Sud voisine. À l’issue du 9e congrès du Parti des travailleurs, le dirigeant nord-coréen a fermé la porte aux offres de dialogue de Séoul. Et pour cause, il qualifie la Corée du Sud d’« ennemi le plus hostile ».
La Corée du Nord « n’a absolument rien à faire avec la Corée du Sud, son ennemi le plus hostile, et exclura à jamais la Corée du Sud de la catégorie des compatriotes », a déclaré Kim Jong-un. Pyongyang avait modifié sa constitution en 2024 pour définir la Corée du Sud comme un « État hostile » pour la première fois.
