Les pays de l’Union européenne pourront utiliser des fonds européens pour permettre à des femmes d’interrompre volontairement leur grossesse partout en Europe, a indiqué jeudi 26 février la Commission européenne à Bruxelles, en réponse à une pétition réclamant des financements pour des avortements « sûrs ».
La pétition citoyenne baptisée « Ma voix, mon choix » a recueilli 1,2 million de signatures pour demander à l’Union européenne une enveloppe financière destinée à aider les femmes qui ne disposent pas d’un accès à un avortement légal et sûr. Après avoir reçu le feu vert du Parlement européen en décembre 2025, l’initiative a obtenu celui de la Commission ce 26 février 2026.
La Commission a autorisé les 27 États membres à utiliser des financements du Fonds social européen, doté de 20 milliards d’euros par an, pour soutenir les femmes souhaitant avorter. Les États pourront utiliser ces fonds en faveur de leurs propres citoyennes, ainsi que de celles d’autres pays de l’Union.
La commissaire chargée des droits des femmes, Hadja Lahbib, a salué une avancée considérable, estimant que cette décision permettra à toutes les Européennes de bénéficier d’un avortement sûr. La Commission a reconnu que le Fonds social européen pouvait déjà soutenir des initiatives liées à la santé, mais c’est la première fois que l’avortement est expressément mentionné comme éligible.
La plate-forme « Ma voix, mon choix » s’est réjouie de ce qu’elle considère comme un « précédent politique », même s’il n’y a pas eu de nouveaux financements et si la Commission a réaffirmé sa neutralité.
Dans la majorité des pays de l’Union européenne, l’avortement est une pratique répandue. Il reste toutefois problématique, voire quasi-impossible, dans un petit nombre d’États membres. La Commission a rappelé que sa compétence était limitée face aux États membres, alors que l’accès à l’avortement est en régression en Italie et fortement limité en Pologne ou à Malte.
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