Au Togo, la Cour d’appel militaire de Lomé a rendu son verdict ce vendredi 27 février 2026 dans l’affaire du décès du colonel Bitala Madjoulba, retrouvé mort dans son bureau au matin du 4 mai 2020, quelques heures après la cérémonie d’investiture du président Faure Gnassingbé. La juridiction a reformulé la décision rendue en première instance et porté la peine de l’ex-chef d’état-major Félix Abalo Kadangha de 20 à 30 ans de prison.
Les autres accusés déjà condamnés ont vu leurs peines augmenter de 5 à 10 années supplémentaires, sans que le détail précis des nouvelles sanctions pour chacun d’eux n’ait été communiqué dans l’immédiat. En première instance, en novembre 2023, cinq personnes avaient écopé de peines allant de 5 à 20 ans d’emprisonnement pour assassinat, complicité d’assassinat, entrave au bon fonctionnement de la justice et atteinte à la sécurité intérieure de l’État, tandis que deux autres avaient été relaxées.
Sur le banc des accusés figuraient Félix Abalo Kadangha, chef d’état-major au moment des faits, quatre autres officiers, ainsi que le chauffeur du colonel Bitala Madjoulba et la secrétaire de permanence cette nuit-là.
Mercredi 25 février, le procureur général avait requis des peines allant de 3 à 50 ans d’emprisonnement contre les sept personnes inculpées. Estimant que les prévenus étaient « tous coupables », le ministère public avait décrit un complot minutieusement ourdi par des personnes ayant « une volonté de tuer ».
Lors de son réquisitoire, le procureur général avait demandé la peine la plus lourde pour le général Félix Abalo Kadangha, le colonel Ali Kodjo et le chauffeur de la victime. Tous les accusés avaient maintenu leur position lors des auditions devant la cour d’appel militaire.
La veille du verdict, la défense avait plaidé la relaxe, dénonçant un dossier « vide » et l’absence de preuves concrètes. Les avocats ont souligné qu’aucun élément n’avait permis d’établir un lien clair avec Félix Abalo Kadangha, rappelant que tous les téléphones des militaires présents dans le camp la nuit du drame avaient été fouillés sans résultat probant.
Ils ont également relevé que personne n’avait rien vu ou entendu, à l’exception d’une soldate en faction située à environ 400 mètres du poste de commandement, qui avait cru entendre l’éclatement d’un pneu.
L’auteur du crime n’a jamais été formellement identifié. Le colonel Bitala Madjoulba, qui dirigeait le premier bataillon d’intervention rapide, a été tué par balle dans son bureau alors que 113 militaires étaient en disponibilité opérationnelle ce soir-là. Six mois après sa mort, le procureur avait indiqué que l’arme du crime avait été identifiée et que des experts ghanéens et français avaient été sollicités.
L’ancien chef d’état-major, en poste entre 2013 et 2020, avait été arrêté en janvier 2023 et condamné en première instance en novembre de la même année. Il avait également été destitué de son grade et condamné à verser 1 milliard de francs CFA de dommages et intérêts, ainsi qu’un franc symbolique à la famille de la victime.
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