Donald Trump a menacé ce mardi 3 mars 2026 de « cesser tout commerce avec l’Espagne ». Et pour cause, il reproche à Madrid son refus de laisser les États-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l’Iran et ses dépenses militaires qu’il juge insuffisantes.
« Nous allons cesser tout commerce avec l’Espagne. Nous ne voulons pas entendre parler de l’Espagne », a déclaré le président américain depuis la Maison Blanche, où il recevait le chancelier allemand Friedrich Merz. « L’Espagne a été terrible », a-t-il attaqué, en reprochant au gouvernement socialiste de Pedro Sánchez de refuser à l’aviation américaine l’accès à des bases militaires situées dans le sud du pays pour sa campagne militaire contre l’Iran.
Le président américain a également rappelé que l’Espagne est « le seul pays de l’Otan qui n’a pas accepté de consacrer 5 % » de son PIB à des dépenses de défense, comme le veut le nouvel objectif de l’alliance poussé par Washington. « L’Espagne a été très, très peu coopérative », a encore regretté Donald Trump.
La veille, le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait informé les alliés de l’Otan que Washington redéployait ses ressources militaires en Europe pour se concentrer sur le conflit avec l’Iran, une décision qui affecte directement l’Espagne où sont stationnés environ 3 000 soldats américains dans les bases de Rota et Morón.
Dans un communiqué, le gouvernement espagnol a réagi aux propos du président américain en assurant que l’Espagne était « un partenaire commercial fiable pour 195 pays dans le monde », dont les États-Unis. « Si l’administration américaine souhaite revoir sa relation commerciale avec l’Espagne, elle devra le faire dans le respect de l’autonomie des entreprises privées, de la légalité internationale et des accords bilatéraux entre l’Union européenne et les États-Unis », indique le communiqué.
« Notre pays dispose des ressources nécessaires pour contenir d’éventuels impacts, aider les secteurs qui pourraient être affectés et diversifier les chaînes d’approvisionnement », est-il aussi écrit.
Plus tôt dans la journée, avant les propos de Donald Trump, le ministre des Affaires étrangères espagnol José Manuel Albares avait déclaré n’avoir « eu aucune conversation avec aucun représentant nord-américain » ni n’avoir « reçu aucune plainte » au sujet des bases militaires de Rota et Morón. Il avait souligné que ces bases, utilisées « conjointement avec les États-Unis », étaient « sous souveraineté espagnole ».
Les échanges commerciaux entre les deux pays représentaient environ 40 milliards de dollars en 2024. Les exportations espagnoles vers les États-Unis portent principalement sur des machines, des équipements électriques, des produits chimiques et des produits agricoles. Les entreprises espagnoles comptent parmi les principaux investisseurs étrangers aux États-Unis dans les secteurs des énergies renouvelables et des infrastructures.
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