Aux États-Unis, les contradictions dans les explications de l’administration Trump sur l’entrée en guerre contre l’Iran ont provoqué un malaise jusque dans l’entourage traditionnel du président américain. Des figures influentes de la mouvance conservatrice ont exprimé leur mécontentement face aux versions divergentes présentées par Donald Trump et son secrétaire d’État Marco Rubio.
Le podcasteur Matt Walsh, suivi par 4 millions d’abonnés sur X, a vivement réagi aux déclarations de Rubio selon lesquelles les États-Unis auraient agréé pour anticiper une riposte iranienne à une frappe israélienne imminente. « Il nous dit clairement que nous sommes en guerre avec l’Iran parce qu’Israël nous a forcé la main. C’est fondamentalement la pire chose qu’il aurait pu dire », a-t-il écrit.
L’ancienne journaliste de Fox News, Megyn Kelly, a renchéri : « Notre gouvernement n’a pas à veiller sur l’Iran ou sur Israël. Il doit veiller sur nous. Et cela me ressemble clairement à une guerre d’Israël ».
« Nous sommes maintenant une nation divisée entre ceux qui veulent faire la guerre pour Israël et ceux qui veulent juste la paix et pouvoir payer leurs factures et leur assurance maladie », a posté Marjorie Taylor Greene, une figure de l’aile isolationniste du Parti républicain.
La réaction iranienne
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a exploité ces divisions en déclarant que les propos de Marco Rubio « prouvaient » que les États-Unis étaient entrés en guerre au nom d’Israël. « Il n’y a jamais eu de soi-disant menace iranienne. L’effusion de sang américain et iranien incombe donc aux partisans d’Israël. Le peuple américain mérite mieux et devrait reprendre son pays », a-t-il écrit sur X.
Quelle version est la plus crédible ?
Plusieurs éléments permettent d’évaluer la crédibilité des deux versions avancées par l’administration Trump. Les propos de Marco Rubio étaient spontanés et circonstanciés. Il s’agit d’un mécanisme précis : un ordre de riposte automatique pré-positionné par l’Iran qui aurait été exécuté après une frappe israélienne.
Depuis le début du conflit, le discours de Donald Trump a été modifié à plusieurs reprises. Une première version affirmait qu’il avait « forcé la main » d’Israël, avant qu’une autre interprétation ne soit proposée, suggérant une décision relevant d’une appréciation souveraine de la menace. La narration de Trump est conçue pour projeter l’image d’un président fort agissant de manière décisive, tandis que les déclarations de Rubio sont considérées comme plus proches des faits établis concernant les négociations et la chronologie.
Suivez-nous sur Nasuba Infos via notre canal WhatsApp. Cliquez ici.
