Quelques heures après la lettre de démission de Thomas Boni Yayi, datée du 3 mars 2026, les hauts responsables du parti d’opposition Les Démocrates se sont réunis en urgence en comité permanent, au siège du parti à Cotonou. Tous les ténors étaient présents ce mercredi 4 mars 2026 pour une réunion de crise qui a duré un peu plus d’une heure, avec à l’ordre du jour la démission de leur chef historique.
À l’issue de la réunion, la direction n’a pas encore validé ce départ, comme l’explique le secrétaire à la communication, Guy Mitokpè. « Pour le moment, le parti ne peut pas se prononcer sur cette lettre reçue. Il s’agit de la personnalité la plus importante du parti Les Démocrates. À ce titre, nous ne pouvons pas dire, au moment où je vous parle, que nous prenons acte. Il faut impérativement qu’une délégation puisse aller le voir et discuter avec lui », a-t-il indiqué.
Les responsables estiment que la priorité n’est pas la désignation d’un nouveau premier dirigeant. « Pour l’heure, la question n’est pas de savoir qui est le premier responsable du parti aujourd’hui », a déclaré Guy Mitokpè.
Une délégation envoyée auprès de Boni Yayi
Le comité permanent a décidé d’envoyer une délégation de haut niveau auprès de l’ancien président afin d’échanger directement avec lui. L’objectif est de mieux comprendre sa décision et discuter des prochaines étapes, peut-être pour le convaincre de rester, ou pour respecter son choix de départ officiellement motivé par des préoccupations sanitaires.
Selon Guy Mitokpè, « la principale et la seule raison, c’est la question sanitaire ». Âgé de 73 ans, Boni Yayi a déclaré vouloir « pleinement consacrer cette nouvelle étape de sa vie au repos ».
Le parti maintient la tenue de sa réunion de coordination nationale prévue le vendredi 6 mars. Initialement consacrée à la position du parti concernant l’élection présidentielle du 12 avril prochain, cette rencontre devra inévitablement intégrer la démission de Thomas Boni Yayi à son ordre du jour.
La traversée du désert ?
Cette démission survient dans un contexte délicat pour ce parti d’opposition béninois, déjà fragilisé par plusieurs revers électoraux. Aux dernières élections couplées législatives et communales, le parti n’a obtenu ni siège à l’Assemblée nationale ni représentation dans les conseils communaux. À cela s’ajoute l’impossibilité de participer à l’élection présidentielle d’avril 2026, faute de parrainages nécessaires pour présenter un candidat.
Avant même ce départ, six députés avaient déjà quitté le parti en octobre 2025, reprochant à Boni Yayi une « paranoïa destructrice » au sein de la formation politique. Son fils, Chabi Yayi, avait également claqué la porte peu avant lui.
L’absence de représentation parlementaire et locale empêchera le parti de parrainer un candidat pour la présidentielle de 2033, ce qui soulève des questions sur sa capacité à survivre à cette « traversée du désert ».
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