À la barre, les victimes se sont succédé. Un policier, des connaissances du prévenu, et même son propre beau-père figurent parmi les plaignants constitués parties civiles. Tous affirment avoir été trompés par les mensonges de l’homme, qui se présentait comme un cadre influent du ministère. Le préjudice global évoqué par les parties civiles avoisinerait une vingtaine de millions de francs CFA.
Selon les témoignages recueillis lors de l’audience, le mis en cause se présentait comme directeur des ressources financières et du matériel au ministère des Finances et comme un collaborateur proche du ministre lui-même. Pour entretenir cette supercherie, il laissait apparaître sur son téléphone des appels enregistrés sous le nom de « mon ministre », une mise en scène destinée à renforcer sa crédibilité auprès de ses interlocuteurs.
Certaines victimes ont expliqué avoir été séduites par des promesses d’opportunités d’affaires alléchantes. L’homme prétendait pouvoir faciliter l’obtention de marchés au Port autonome de Cotonou, accompagner la création de sociétés ou encore permettre l’accès à des facilités bancaires. Une plaignante affirme lui avoir versé près de six millions de francs CFA pour divers services qui ne se sont jamais concrétisés.
Le policier à l’origine de la plainte raconte avoir avancé 225 000 francs CFA pour l’achat de carburant destiné à un véhicule, une somme qui ne lui a jamais été remboursée. Le beau-père du prévenu accuse quant à lui son gendre de lui avoir soutiré de l’argent dans le cadre de transactions foncières, notamment pour l’acquisition supposée de parcelles qui n’ont jamais vu le jour.
Les débats ont également révélé que la femme présentée comme la secrétaire du prévenu, chargée de certaines opérations financières, serait en réalité sa compagne. La Cour a décidé d’entendre cette dernière ainsi que la belle-mère du mis en cause lors d’une prochaine audience, fixée au 27 avril 2026.
Selon une source proche du dossier, l’homme actuellement poursuivi purgerait déjà une condamnation de cinq ans de prison dans une autre affaire liée à des litiges fonciers. Un passé judiciaire qui n’avait visiblement pas dissuadé ses nouvelles victimes de lui faire confiance.
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