Au Nigeria, de nouveaux rebondissements sont enregistrés dans l’affaire qui oppose l’ancien gouverneur de l’État de Kaduna, Nasir El-Rufai, à la Commission indépendante de lutte contre la corruption (ICPC). Cet ancien fidèle du parti majoritaire (APC), devenu opposant, est accusé d’avoir détourné 260 millions de dollars de fonds publics entre 2015 et 2023. Nasir El-Rufai est également poursuivi pour de possibles écoutes téléphoniques illégales. Toujours détenu ce jeudi 5 mars, l’ancien gouverneur a décidé d’exercer son droit au silence.
Dans deux déclarations manuscrites signées de sa main, Nasir El-Rufai indique qu’il ne répondra pas aux questions de l’agence fédérale anticorruption qui le retient depuis le 18 février. L’ancien gouverneur de Kaduna estime que l’enquête qui le vise est motivée politiquement. Il affirme qu’il ne répondra aux allégations que devant un tribunal.
L’ICPC a obtenu un mandat de détention de 14 jours auprès d’un tribunal de magistrat de Bwari, qui devait expirer le 5 mars 2026. La commission affirme que l’ancien gouverneur a refusé de coopérer avec les enquêteurs, choisissant de garder le silence jusqu’à ce qu’il soit traduit devant un tribunal.
On a appris cette semaine la perquisition de la résidence de Nasir El-Rufai à Abuja, survenue le 19 février. Les autorités disent avoir saisi sur place « du matériel électronique » et « du matériel d’enregistrement », ce que les proches de l’opposant démentent formellement.
Selon l’ICPC, les opérations de perquisition ont été menées en présence de l’épouse de l’ancien gouverneur, Hadiza, et de son fils, Mohammed. La commission affirme avoir récupéré « des documents de sécurité sensibles susceptibles de compromettre la sécurité nationale » ainsi que « des équipements électroniques magnétiques prétendument capables d’intercepter des conversations ».
La famille El-Rufai a vivement rejeté ces allégations dans un communiqué signé par Mohammed Bello El-Rufai. La famille accuse l’agence anticorruption de mener une campagne de diffamation et de déformer les résultats de la perquisition. Elle affirme que seuls de vieux téléphones portables personnels, des clés USB et des ordinateurs portables ont été saisis.
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