Cameroun : Paul Biya prépare une réforme constitutionnelle majeure

Au Cameroun, le président Paul Biya pourrait engager une réforme constitutionnelle d’ampleur. Selon des sources concordantes au sein de l’appareil étatique, le projet de révision est désormais techniquement prêt et les prochaines étapes sont imminentes, notamment la soumission aux députés.

Les travaux ont été confiés à une équipe restreinte à la présidence de la République, coordonnée par le secrétaire général Ferdinand Ngoh Ngoh. Le conseiller juridique Jean-Claude Awala Wodougué et Luc Sindjoun ont également contribué à l’élaboration du texte.

Plusieurs aspects essentiels de l’architecture institutionnelle sont concernés par les réformes envisagées. Une décentralisation renforcée est prévue dans la continuité du processus engagé en 2019. Un élargissement du Parlement est également envisagé, avec une augmentation du nombre de représentants à l’Assemblée nationale ainsi qu’au sein des conseils régionaux. Enfin, un redécoupage administratif pourrait être opéré, avec la création possible de nouvelles communes et unités territoriales.

L’innovation institutionnelle majeure concerne la création d’un poste de vice-président de la République. Contrairement au modèle béninois où le vice-président est élu en duo avec le président, les concepteurs du projet privilégient une nomination, à l’image du système ivoirien.

L’âge et la durée du mandat en question

La révision pourrait également concerner deux paramètres essentiels de l’élection présidentielle. L’âge minimum, actuellement fixé à 35 ans, pourrait être modifié. La durée du mandat présidentiel, établie à sept ans, pourrait également faire l’objet d’une réduction.

Selon des informations complémentaires, le projet envisagerait un retour à la limitation des mandats présidentiels à deux, ainsi que l’instauration d’un âge plafond de 75 ans pour les candidats. Cette dernière disposition aurait pour effet d’écarter des figures de l’opposition comme Maurice Kamto et Issa Tchiroma Bakary.

L’exécutif peut désormais avancer sans pression politique immédiate, après avoir reporté à plusieurs reprises les élections législatives et municipales initialement prévues. Le gouvernement peut convoquer une session parlementaire extraordinaire conformément à l’article 63 de la Constitution, l’adoption nécessitera une majorité des trois cinquièmes.

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