Au Bénin, face à un marché de l’emploi difficile, les petits métiers deviennent des alternatives pour de nombreux jeunes diplômés. Plus de la moitié d’entre eux sont sans emploi, ce qui les pousse à se tourner vers des activités génératrices de revenus dans l’attente de jours meilleurs.
Gestionnaires de cabines de transfert d’argent (Mobile Money), livreurs pour des plateformes de livraison, vendeurs à la sauvette ou encore conducteurs de taxi-moto (zémidjan), ces professions, longtemps considérées comme des activités de survie pour les non-diplômés, accueillent désormais une main-d’œuvre qualifiée.
« J’ai un master en économie, mais après deux ans de recherche infructueuse, j’ai ouvert une cabine Momo. Ce n’est pas ce que j’avais imaginé pour mon avenir, mais cela me permet de vivre », témoigne un jeune diplômé installé à Cotonou.
Ce phénomène, déjà observé dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, s’amplifie au Bénin. Les files d’attente devant les cabines Momo sont souvent tenues par des jeunes ayant fait des études supérieures.
Les chiffres officiels peinent à rendre compte de l’ampleur du phénomène, mais les témoignages se multiplient sur les réseaux sociaux, où des diplômés partagent leur parcours et leurs difficultés à trouver un emploi en adéquation avec leur formation.
Pour ces jeunes, ces activités constituent une solution à court terme, une manière de « tenter le temps » en attendant une opportunité professionnelle correspondant à leur qualification. Toutefois, le gouvernement béninois a mis en place plusieurs programmes pour favoriser l’emploi des jeunes, notamment à travers l’Agence nationale pour l’emploi (AnpE) et le Fonds national de la microfinance.
A ces initiatives s’ajoutent le Programme Spécial d’Insertion dans l’Emploi (PSIE) qui cible les jeunes diplômés, du niveau Bac au Bac+5. Une insertion en entreprise pour une durée de deux ans y est prévue, avec une prise en charge partielle du salaire par l’État afin de favoriser un recrutement définitif par les employeurs. Les inscriptions s’effectuent uniquement en ligne via la plateforme psie.bj.
De l’autre côté, le programme Azôli s’adresse aux jeunes peu ou pas instruits, titulaires au plus du CEP ou du BEPC, voire sans diplôme. L’accent y est mis sur l’apprentissage pratique et l’immersion professionnelle afin de faciliter une insertion rapide dans le monde du travail. L’inscription s’effectue généralement sur la plateforme azoli.bj ou dans les antennes de l’Agence Nationale pour l’Emploi (ANPE).
Ainsi, alors que le PSIE valorise les compétences académiques des jeunes diplômés appelés à devenir les cadres de demain, Azôli offre aux jeunes sortis du système scolaire une opportunité de formation par la pratique et d’intégration progressive dans la vie professionnelle. Mais les résultats tardent à se faire sentir sur le terrain.
Dans l’attente de jours meilleurs, ces diplômés continuent d’exercer ces petits métiers, espérant que leur situation professionnelle finira par s’améliorer.
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