Sylvia Bongo : l’ex première dame gabonaise raconte sa galère

L’ancienne Première dame du Gabon, Sylvia Bongo, a accordé à France 24, un entretien exclusif dans lequel, elle revient pour la première fois sur sa détention de vingt mois après le coup d’État de 2023. Des actes de torture sur son fils, commis sous ses yeux, y sont décrits, et les accusations de détournement de fonds lui ayant valu vingt ans de prison sont niées.

C’est depuis Londres, au Royaume-Uni, où sa vie en exil est désormais menée, que l’ancienne Première dame gabonaise s’est entretenue avec France 24. Le 12 novembre dernier, une peine de vingt ans de prison pour détournement de fonds avait été prononcée contre elle par contumace.

Des sévices corporels sont évoqués, qu’elle et son fils Noureddin Bongo auraient subis lors de leurs vingt mois de détention. Son fils, à l’issue des séances de torture, est décrit comme “tuméfié de partout”, avec “les yeux qui sortaient des orbites”.

La réalité de ces actes de torture est pourtant niée par les autorités gabonaises.

Dans cet entretien, il est également révélé par Sylvia Bongo que trois convocations lui ont été adressées par l’actuel président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, durant sa détention, et qu’une menace de ne jamais être libérée lui a été faite lors de leur première entrevue.

Plusieurs vidéos de leur captivité ont été diffusées ces derniers mois par son fils. Sur l’une d’elles, Brice Clotaire Oligui Nguema est vu en train de demander à Sylvia Bongo de passer sous silence les sévices infligés. C’est la veille de son départ que cet échange a eu lieu, est-il déclaré.

“Je ne retournerai jamais au Gabon”

“On m’a traitée de sale blanche”, est-il également rapporté par Sylvia Bongo. Une double nationalité française est portée par l’ancienne Première dame, née à Paris.

La consule de France à Libreville a été informée à plusieurs reprises de la détention de Sylvia et de son fils, ainsi que des mauvais traitements subis, est-il soutenu par Sylvia Bongo. Mais “pas grand chose ne s’est produit”. Un sentiment d’abandon est exprimé par ses soins.

“J’ai eu trop mal” est-il déclaré en conclusion par l’épouse d’Ali Bongo. “Je ne retournerai jamais au Gabon”.

L’ancienne Première dame, par qui toute accusation de détournement de fonds est réfutée, s’est également exprimée sur l’état de santé d’Ali Bongo à la fin de sa présidence, en 2023. La rumeur avait alors été alimentée par les absences et silences de l’ancien président gabonais.

“Cela a été très difficile pendant trois mois” est-il raconté par l’ancienne Première dame, un handicap partiel étant alors observé chez son époux, affirme-t-elle. “En Afrique, être handicapé est malheureusement mal vu”, regrette Sylvia Bongo, avant d’ajouter : “Je ne voulais pas que mon mari se représente”.

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