Dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 mars 2026, des combattants terroristes ont mené deux assauts successifs contre des installations militaires à Tahoua, grande ville du sud-ouest du Niger jusqu’ici épargnée par ce type d’incursions. Les autorités locales ont annoncé la neutralisation de plusieurs assaillants et l’arrestation de suspects.
Vers 3 heures du matin, des tirs nourris d’armes automatiques et des explosions ont réveillé la population de Tahoua, chef-lieu de région situé à environ 500 kilomètres à l’est de Niamey. Selon des témoins, les assaillants, arrivés à motos, ont d’abord visé la base aérienne 401 située sur le site de l’aéroport, au sud de la ville.
Après 45 minutes de combats, les terroristes ont été repoussés par les forces de défense et de sécurité. Ils ont alors mené un deuxième assaut, cette fois contre le quartier général du 42e bataillon interarmes déployé à Tahoua, avant d’être de nouveau repoussés.
Cette base aérienne revêt une importance particulière dans la lutte antiterroriste. En effet, elle abrite plusieurs drones TB2 de fabrication turque, utilisés pour la surveillance et les frappes de précision contre les groupes jihadistes dans la région du Sahel. Surnommée la « base américaine » par la population locale, cette enceinte avait accueilli par le passé des formations de forces spéciales nigériennes par l’armée des États-Unis.
Le gouverneur de la région, Colonel-Major Souleymane Amadou Moussa, s’est rendu sur les lieux dès le matin pour constater les dégâts. Selon l’Agence nigérienne de presse (ANP), plusieurs hangars abritant des drones ont été endommagés. Les autorités ont fait état de « plusieurs assaillants neutralisés » et de cinq suspects arrêtés grâce au concours de la population locale, avec saisie d’une importante quantité de devises et d’autres matériels.
Une ville jusqu’ici épargnée
Si la région de Tahoua est régulièrement confrontée aux attaques jihadistes dans sa partie nord, proche du Mali, ainsi qu’aux incursions de « bandits » armés le long de sa frontière avec le Nigeria, la ville elle-même, qui compte plus de 100 000 habitants, n’avait jamais été visée de la sorte. La semaine précédant cette attaque, un douanier et trois civils avaient pourtant été tués non loin de là, près de la frontière nigériane.
Cette opération a lieu sur fond de montée des périls sécuritaires au Niger. Fin janvier 2026, la base aérienne 101 de l’aéroport de Niamey avait déjà été la cible d’une attaque revendiquée par l’organisation État islamique via son agence de propagande Amaq. À l’époque, le président du Niger, le général Abdourahamane Tiani, avait mis en cause la France, la Côte d’Ivoire et le Bénin, les présentant comme commanditaires des assaillants, des accusations fermement démenties par Abidjan et Cotonou.
Les Nations unies ont annoncé que, « en raison de la situation sécuritaire à Tahoua, les vols de l’UNHAS (le service aérien d’aide humanitaire des Nations unies) vers cette destination sont annulés ». Leur reprise est prévue mercredi 11 mars.
Le gouverneur a assuré que la situation est désormais sous contrôle, que l’aéroport demeure ouvert et sécurisé et que toutes les activités s’y déroulent normalement. Il a appelé la population à la vigilance et à signaler tout comportement suspect tout en précisant que les opérations de ratissage se poursuivent afin de prévenir toute nouvelle intrusion.
Aucun groupe n’a pour l’instant revendiqué cette attaque, bien que des sources sécuritaires évoquent la piste de l’État islamique au Sahel (EIS), qui avait déjà revendiqué l’attaque de Niamey en janvier. Le calme était revenu dans la ville lundi matin, les habitants sortant pour chercher de la nourriture en ce mois de ramadan.
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