La prison civile de Niamey, construite en 1947 pour accueillir un peu plus de 400 détenus, en comptait 1.895 au 8 mars 2026, soit un taux d’occupation de 416%. Une situation due en grande partie à la lenteur du traitement des dossiers judiciaires, ont indiqué les autorités pénitentiaires lundi 9 mars.
Lors d’une visite du ministre nigérian de la Justice, Alio Daouda, le régisseur de l’établissement, le commandant Abdourahamane Foutah, a dressé un état des lieux alarmant. Sur les 1.895 détenus, seuls 399 sont des condamnés. Les 1.496 autres, soit près de 80% de la population carcérale, sont des prévenus en attente de jugement.
Cette visite du ministre, effectuée pour « s’enquérir des conditions de détention » et identifier les « difficultés », a permis aux délégués des prisonniers de s’exprimer. Selon le compte-rendu du ministère, ceux-ci ont indiqué que « leurs conditions de vie sont globalement satisfaisantes », tout en déplorant « la lenteur dans le traitement de dossiers judiciaires ».
Le ministre Alio Daouda a promis « d’améliorer la célérité dans le traitement des dossiers », un engagement crucial pour réduire le nombre de prévenus en attente de jugement, principale cause de la surpopulation.
Pour tenter de remédier à cette situation, une nouvelle prison de 1.500 places est en chantier depuis 2017, pour un coût de 12,5 milliards de FCFA (environ 1,9 million d’euros). Destinée à remplacer l’établissement vétuste de Niamey, elle tarde à voir le jour, laissant la prison civile historique, située en plein cœur de la capitale, supporter une pression démographique intenable.
Des remises de peine massives mais insuffisantes
Depuis son arrivée au pouvoir par un putsch en 2023, le chef de la junte, le général Abdourahamane Tiani, a accordé des remises de peine à plus de 10.000 détenus, dont près de la moitié ont été libérés. Une mesure prise pour désengorger les prisons, mais qui n’a pas suffi à endiguer le phénomène à Niamey, où les nouvelles arrivées et la lenteur de la justice continuent d’alimenter la surpopulation.
Le Niger n’est pas un cas isolé. Selon la base de données World Prison Brief, les prisons du Sénégal, du Bénin ou encore de la Côte d’Ivoire affichent des taux d’occupation avoisinant ou dépassant les 300%. La question de la lenteur judiciaire et du manque d’infrastructures se pose avec acuité dans toute la région.
Le Niger dispose également d’une prison de haute sécurité à Koutoukalé, à une quarantaine de kilomètres de la capitale. Destinée aux jihadistes et criminels de premier plan, elle a été la cible de deux attaques, en 2016 et 2019, par des groupes armés venus tenter de libérer leurs camarades. En 2024, plusieurs détenus s’en étaient également évadés.
Le pays compte une quarantaine d’établissements pénitentiaires qui accueillaient près de 16.000 détenus en 2024.
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