Coupe d’Asie : cinq footballeuses iraniennes obtiennent l’asile en Australie

L’Australie a accordé l’asile à cinq joueuses de l’équipe iranienne féminine de football, désignées comme « traîtres » dans leur pays après avoir refusé de chanter l’hymne national avant un match de la Coupe d’Asie, a annoncé mardi 10 mars le ministre de l’Intérieur Tony Burke.

Cette décision a été prise de crainte qu’elles ne soient persécutées à leur retour, a expliqué le ministre. Cinq joueuses, dont la capitaine Zahra Ghanbari, se sont échappées de leur hôtel dans la nuit. « Elles ont été transférées dans un lieu sûr par la police australienne. J’ai signé hier soir leur demande de visa humanitaire », a-t-il déclaré à la presse.

« Elles peuvent rester en Australie, elles sont en sécurité ici et il faut qu’elles se sentent comme chez elles », a-t-il ajouté, précisant qu’après la signature des papiers leur garantissant des visas humanitaires, elles avaient scandé « Aussie, Aussie, Aussie ».

Un silence interprété comme une rébellion

Les 26 membres de la délégation iranienne étaient arrivées en Australie quelques jours avant le début des frappes américano-israéliennes, qui ont notamment entraîné la mort de l’ancien guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.

Les athlètes sont restées silencieuses alors que retentissait l’hymne iranien avant leur premier match de la Coupe d’Asie face à la Corée du Sud, deux jours après le début de la guerre lancée le 28 février par les États-Unis et Israël. Si elles ont chanté l’hymne lors des rencontres suivantes, cette première attitude a été interprétée comme un acte de rébellion.

Une mobilisation internationale

De nombreuses personnes avaient appelé l’Australie à assurer leur sécurité, dont le président américain Donald Trump. « Les Australiens s’occupent déjà de cinq d’entre elles et le reste suivra. Certaines toutefois ont le sentiment qu’elles doivent retourner (en Iran) parce qu’elles ont peur pour la sécurité de leur famille », déclaré Donald Trump lundi, après une conversation avec le Premier ministre australien.

Reza Pahlavi, le fils du dernier chah d’Iran, avait lui aussi lancé un appel à l’Australie. « Les membres de l’équipe nationale féminine de football d’Iran subissent de fortes pressions et sont menacées par la République islamique. J’appelle le gouvernement australien à assurer leur sécurité et à leur apporter tout le soutien nécessaire », avait-il écrit sur X.

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