Un moment historique a été vécu à Abidjan avec le retour du Djidji Ayokwé, objet sacré des peuples Bidjans, arraché par les troupes coloniales françaises en 1916. Conservé ces dernières années au Musée du Quai Branly, l’instrument a été rapatrié en Côte d’Ivoire le 13 mars 2026 à bord d’un vol spécial affrété par le gouvernement.
À son arrivée à l’Aéroport international Félix Houphouët-Boigny, une cérémonie sobre a été organisée en présence de représentants des communautés Bidjans, de responsables officiels, ainsi que de l’ambassadeur de France et d’un représentant de l’UNESCO.
Conservé dans une caisse portant les mentions « fragile » et « lourd », l’imposant tambour (long de quatre mètres et pesant environ 430 kilogrammes) n’a pas été immédiatement dévoilé. Une période d’acclimatation est prévue avant toute exposition publique. Malgré cette précaution, l’émotion était perceptible parmi les communautés présentes.
La ministre ivoirienne de la Culture, Françoise Remarck, a qualifié l’événement de « jour historique », évoquant un moment de justice et de mémoire. Selon elle, ce retour constitue également un message adressé aux jeunes générations afin qu’elles se réapproprient leur histoire.
Instrument traditionnel de communication, le Djidji Ayokwé servait autrefois à transmettre des messages rituels et à alerter les populations, notamment lors des opérations de recrutement forcé pendant la période coloniale.
Après la période d’acclimatation, l’objet devrait être exposé au Musée des Civilisations de Côte d’Ivoire, récemment restauré pour l’occasion. Une célébration nationale est également envisagée pour marquer ce retour symbolique.
Le Djidji Ayokwé constitue le premier bien culturel restitué à la Côte d’Ivoire par la France sur une liste de 148 objets réclamés par le pays, à l’issue d’un long processus diplomatique et juridique.
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