Les relations diplomatiques entre le Mali et la Mauritanie se crispent après des déclarations de l’armée malienne qui affirment que deux de ses soldats, détenus par des groupes terroristes, se seraient échappés d’un camp de réfugiés situé sur le territoire mauritanien.
Dans un communiqué publié le 15 mars, les Forces armées maliennes ont indiqué que deux militaires, enlevés le 9 octobre 2025 alors qu’ils étaient en permission, avaient réussi à s’échapper dans la nuit du 13 au 14 mars. Selon l’état-major malien, cette fuite aurait été rendue possible grâce aux opérations menées par l’armée le long de la frontière entre les deux pays et dans la forêt du Wagadou.
Ces affirmations ont provoqué une réaction immédiate de la Mauritanie. Dans un communiqué publié le 16 mars, le ministère mauritanien des Affaires étrangères a exprimé sa « stupéfaction » et son « indignation », rejetant des accusations jugées « totalement infondées et profondément offensantes ».
Sans citer explicitement le camp évoqué par Bamako, les autorités mauritaniennes ont mentionné celui de Camp de réfugiés de M’Berra, situé au sud-est du pays, à environ 50 kilomètres de la frontière malienne. Ce site, supervisé par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, accueille environ 160 000 réfugiés ayant fui l’insécurité et les violences au Mali.
Pour Nouakchott, suggérer que des groupes terroristes pourraient détenir des personnes dans ce camp constitue « une accusation grave ». Les autorités mauritaniennes ont réaffirmé leur attachement aux relations de bon voisinage, tout en indiquant se réserver le droit de prendre « toutes les dispositions nécessaires pour défendre leur image et leur souveraineté ».

