C’est une image qui a circulé sur les réseaux sociaux. Lundi 23 mars 2026, Anicette Konan, visage connu des téléspectateurs ivoiriens, a annoncé son licenciement de la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne. Dans une vidéo postée en ligne, sa voix est calme, presque trop calme. Mais derrière les mots posés, on devine la blessure.
La lettre de licenciement est tombée comme un couperet. Motif invoqué : « insubordination ». En toile de fond, une absence prolongée de trois semaines pour raisons de santé. La direction estime que la journaliste n’a pas justifié son absence. Elle parle de faute professionnelle grave. Mais derrière cette version officielle, il y a une autre histoire. Celle qu’Anicette Konan commence à raconter, avec le peu de mots qu’on lui laisse.
Une voix qui dérangeait
Ces dernières semaines, la présentatrice s’était faite plus audacieuse. Sur les réseaux sociaux, elle avait pris position, parfois avec virulence, notamment à l’encontre de l’ex-international Yaya Touré. Elle l’associe indirectement à sa situation actuelle, sans jamais nommer clairement les liens. Une affaire de déclarations, de posts, de prises de parole qui ont fini par lui coller à la peau.
Dans sa lettre, la RTI prend soin de préciser que cette décision n’a rien à voir avec des représailles liées à ces accusations. Une précaution qui, pour beaucoup, ressemble à un aveu de la fragilité du dossier.
« Je ne suis pas affectée »… mais la douleur affleure
Face à la caméra, Anicette Konan affirme ne pas être affectée. Elle garde son sang-froid. Mais lorsqu’elle interpelle le président Alassane Ouattara, lorsqu’elle demande une enquête au sein du groupe audiovisuel public, on sent qu’il ne s’agit pas seulement d’un recours juridique. C’est un appel. Une main tendue vers celui qui, selon elle, peut rétablir la vérité.
Elle évoque aussi des dysfonctionnements internes. Des primes non payées, notamment celles liées à l’habillement, sous la direction de Jean Martial Adoun. Derrière ces détails techniques se dessine une réalité plus humaine, celle d’une professionnelle qui, après des années de loyauté, a décidé de ne plus se taire.
Au-delà du licenciement, une question ouverte
Anicette Konan, aujourd’hui, se retrouve à un carrefour. Sans microphone, sans plateau, sans cette lumière des studios qui a accompagné ses débuts. Mais elle a encore une voix. Et elle semble décidée à l’utiliser.
Ce lundi 23 mars, en postant sa vidéo, elle a choisi de ne pas disparaître dans le silence. Elle a choisi de dire, je suis là, je demande des comptes. Dans un pays où le paysage médiatique évolue, où les journalistes osent de moins en moins s’exprimer, cette prise de parole a valeur de symbole.
Reste à savoir qui, demain, osera encore parler quand on menace de réduire au silence celles et ceux qui dérangent. Et si, derrière l’histoire d’Anicette Konan, se joue en réalité celle de toute une profession.

