Bénin : la « main invisible » qui divise Les Démocrates et que personne n’ose nommer

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Bénin/Législatives 2026 : la liste complète des candidats du parti Les Démocrates 

Ce dimanche 22 mars 2026, les cadres du parti Les Démocrates étaient réunis en Conseil national extraordinaire avec un objectif affiché, celui de définir enfin une stratégie claire pour la présidentielle du 12 avril. Mais très vite, l’ordre du jour a volé en éclats. Les débats, attendus sur le fond, ont été détournés par une question qui fâche, celle de savoir qui, vraiment, mène le parti.

En toile de fond, un homme se retrouve sous pression. Il s’agit d’Eric Houndété. Arrivé à la tête du parti dans un climat déjà instable, il a vu sa légitimité s’effriter au fil des heures. Dans les couloirs, les regards se font plus durs, les murmures plus insistants. Selon plusieurs participants, la question du leadership (pourtant absente des sujets prévus) s’est imposée d’elle-même, portée par une poignée de délégués décidés à en découdre. Pour eux, impossible d’envisager la moindre stratégie électorale sans d’abord clarifier qui tient la barre.

Ce qui s’est joué ce jour-là dépasse le simple affrontement d’ego. Derrière les débats, c’est tout un équilibre interne qui vacille. Et dans l’ombre, une figure continue de peser : Thomas Boni Yayi. Officiellement retiré des instances, l’ancien président n’a jamais vraiment quitté la partie. Son nom revient dans toutes les conversations, ses avis continuent d’orienter les choix. Pour certains, sa présence discrète mais constante est un gage de stabilité. Pour d’autres, elle entretient une forme de dépendance qui empêche le parti de se réinventer.

Eric Houndété, lui, paie peut-être une tentative d’ouverture jugée trop audacieuse. Peu après son accession à la tête du parti, il avait évoqué l’idée d’un dialogue avec la FCBE, l’ancienne formation de Boni Yayi. Une main tendue qui, selon plusieurs sources, a été mal reçue par une partie des cadres, inquiets de voir leur identité politique se diluer. Depuis cet épisode, sa position n’a cessé d’être fragilisée.

Le Conseil national du 22 mars n’a donc pas été une simple réunion. Ce fut une épreuve de vérité. Un moment où les fractures longtemps étouffées ont fini par affleurer. Où des alliés d’hier se sont regardés avec méfiance. Où chacun a dû choisir son camp, parfois au risque de la rupture.

Derrière les querelles de personnes, c’est tout l’avenir du parti Les Démocrates qui se joue. À quelques semaines d’une élection présidentielle décisive, l’incertitude sur le leadership paralyse les prises de décision. Sans cap clair, sans figure fédératrice, la formation politique semble osciller entre sa peur de se diviser et la nécessité impérieuse de se réinventer.

Un parti à la croisée des chemins. Et une question qui reste, pour l’heure, sans réponse : qui, demain, pour incarner cette nouvelle étape.

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