C’est une semaine que les Sénégalais voudraient effacer du calendrier. Mardi dernier, ils apprenaient, abasourdis, que la Cour d’appel de la CAF leur retirait le titre de champion d’Afrique pour le donner au Maroc. Une décision qui, déjà, avait laissé un goût de cendre. Et voilà que ce mardi 24 mars, la FIFA achève le travail.
Les Lions de la Teranga ne sont plus douzièmes au classement mondial. Ils ont chuté de deux places. Derrière eux, l’Italie et la Colombie les dépassent, comme des concurrents indifférents à la douleur d’une nation tout entière. Sur le papier, ce ne sont que des chiffres : 1684,86 points. Mais pour les joueurs, pour les supporters, pour tout un pays qui vibre au rythme des exploits de Sadio Mané et de ses coéquipiers, ce chiffre est une gifle.
Les 18,02 points que le Sénégal avait engrangés lors de cette finale disputée, arrachée dans les prolongations par un but de Pape Gueye, leur ont été retirés. Comme si cette nuit de joie, ces larmes de bonheur, cette foule en liesse n’avaient jamais existé. Comme si le stade n’avait jamais tremblé sous les chants des supporters. Sur le terrain des algorithmes et des classements, l’émotion n’a pas sa place. Mais dans le cœur des Sénégalais, elle reste vive, et cette nouvelle est vécue comme une injustice supplémentaire.
Pendant ce temps, les Marocains, sans bouger de leur huitième place, voient leur capital points augmenter. 1754,59 points désormais. Ils frôlent les Pays-Bas, le Portugal, le Brésil. Le top 5 mondial n’est plus qu’un mirage lointain, mais un objectif presque tangible. Pour Achraf Hakimi et ses partenaires, c’est une reconnaissance de plus. Pour les Lions de l’Atlas, le chemin vers les sommets se poursuit, porté par un destin que la justice sportive semble avoir choisi d’accompagner.
Un classement qui ne dit pas tout
Pour le Sénégal, ce recul au classement FIFA est un nouveau coup dur. Mais au-delà des chiffres, c’est une question de fierté blessée. Les Lions de la Teranga, champions d’Afrique sur le terrain, se retrouvent dépossédés sur tapis vert, puis dans les tableaux officiels. Deux fois vaincus sans avoir perdu un match. Une situation inédite, difficile à digérer pour des joueurs qui ont tout donné, pour un peuple qui avait célébré comme il se doit ce sacre.
Reste que le football, parfois, ne se résume pas aux classements. Il y a des trophées qui brillent dans les cœurs bien après que les instances les ont éteints. Et si les Lions ont perdu des places dans la hiérarchie mondiale, ils n’ont rien perdu de leur aura aux yeux de ceux qui les ont vus se battre, se surpasser, gagner.
Mais pour l’instant, à Dakar comme dans les villes et villages du Sénégal, on encaisse. Et on se demande jusqu’à quand faudra-t-il payer pour une victoire arrachée sur le pré ?

