La Côte d’Ivoire veut renouer le dialogue avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Selon les informations, Adama Dosso, ministre ivoirien délégué chargé de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, doit se rendre au Mali en avril prochain. Une visite qui traduit la volonté d’Abidjan de normaliser ses relations diplomatiques avec Bamako.
Cela fait plusieurs années que les relations entre la Côte d’Ivoire et le Mali sont tendues. La rupture est née après les coups d’État de 2020 et 2021, qui ont porté au pouvoir le régime militaire d’Assimi Goïta. Figure influente de la CEDEAO, le président Alassane Ouattara n’avait pas approuvé cette prise du pouvoir par les armes.
La situation s’est encore dégradée après l’arrestation de 49 soldats ivoiriens à Bamako. Le bras de fer a duré plusieurs mois, avec des accusations très graves. Le Mali soupçonnait Abidjan de vouloir déstabiliser le régime. La Côte d’Ivoire avait répondu que ses soldats étaient en mission pour l’ONU, dans le cadre d’opérations logistiques pour la Minusma. Les explications n’avaient pas convaincu les autorités maliennes. Les 49 militaires ont été jugés, condamnés à vingt ans de prison pour « attentat et complot contre le gouvernement », puis finalement graciés. Le président togolais Faure Gnassingbé avait joué un rôle clé dans la résolution de cette crise.
Ces derniers mois, un autre incident a ravivé les tensions. Mamadou Hawa Gassama, un membre du parlement de transition malien et soutien du régime d’Assimi Goïta, a été arrêté à Abidjan lors d’un voyage. Il était poursuivi pour une vidéo dans laquelle il tenait des propos critiques envers Alassane Ouattara. Condamné à trois ans de prison ferme pour « offense au chef de l’État », il a été libéré en février 2026 après avoir bénéficié d’une grâce présidentielle.
C’est dans ce contexte qu’Adama Dosso se rendra à Bamako. Il avait déjà été reçu à Ouagadougou en décembre dernier par le ministre burkinabè des Affaires étrangères. Cette nouvelle visite confirme la volonté de la Côte d’Ivoire de renouer le dialogue avec les pays de l’AES.

