Affaire de coup d’État au Bénin : une première condamnation tombe

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Cinq ans de prison ferme et 10 millions de francs CFA d’amende, c’est la peine infligée par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) dans le cadre de l’affaire de la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025 au journaliste Pascal Mitowadé.

Ce jour-là, des militaires commandés par le lieutenant-colonel Pascal Tigri avaient annoncé à la télévision nationale la destitution du président Patrice Talon. Quelques heures plus tard, le ministre de l’Intérieur, Alassane Seidou, était apparu sur la même chaîne pour annoncer l’échec du putsch, qui n’avait duré qu’une journée.

Pascal Mitowadé, qui travaillait pour le quotidien privé La Tribune de la capitale, a été reconnu coupable d’apologie de crime contre la sûreté de l’État, d’incitation à la haine via internet et d’incitation à la rébellion. Les faits qui lui sont reprochés concernent un message publié sur les réseaux sociaux le jour même du putsch, dans lequel il relatait ce qu’il voyait à l’écran. Devant la Cour, il a expliqué avoir partagé ces informations par crainte pour sa sécurité après avoir reçu des menaces. La Criet a toutefois estimé que son message constituait un soutien à la déstabilisation de l’ordre constitutionnel.

Pascal Mitowadé n’est pas le seul à avoir comparu dans ce dossier. D’autres personnes, parmi lesquelles d’anciens ministres, l’ex-député Soumaïla Boké, un policier et un élu local, ont aussi été jugées pour des faits similaires.

La Criet, connue pour ses condamnations sévères, avait déjà prononcé en 2021 une peine de vingt ans de prison contre l’ancienne garde des Sceaux Reckya Madougou pour financement du terrorisme.

Le journaliste dispose de quinze jours pour faire appel. Selon son entourage, il a demandé la clémence du tribunal, n’ayant aucun antécédent judiciaire ni lien avec les services de sécurité. Sa condamnation est la première peine ferme prononcée contre un civil dans le volet pénal de cette affaire.

Cette tentative de coup d’État est intervenue à un moment clé, alors que Patrice Talon, qui achevait son deuxième mandat, devait quitter le pouvoir après l’élection présidentielle d’avril 2026. Son successeur désigné, le ministre des Finances Romuald Wadagni, est donné favori. Les élections législatives de janvier 2026 ont par ailleurs permis aux partis alliés au pouvoir de remporter la totalité des 109 sièges du Parlement.

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