L’armée israélienne a reconnu cette semaine des défaillances ponctuelles dans son système d’interception, malgré un taux d’efficacité globalement élevé. Lors des frappes iraniennes du week-end des 21 et 22 mars, des missiles ont réussi à percer les défenses et sont tombés sur les villes d’Arad et Dimona, dans le sud du pays, faisant près de 200 blessés.
Le système « Fronde de David » n’a pas réussi à neutraliser tous les projectiles. Depuis le début de la guerre le 28 février, une vingtaine d’incidents ont été recensés, avec des soldats ou des civils tués ou grièvement blessés à cause de ces défaillances.
L’armée assure que son dispositif à plusieurs couches intercepte environ 90 % des missiles, mais ces ratés récents inquiètent la population. « Je ne sais pas si le système a fonctionné ou non, mais avec le réacteur nucléaire de Dimona à proximité, on ne peut pas se permettre de failles dans un endroit aussi stratégique », s’interroge Timour, un habitant d’Arad.
Plusieurs raisons peuvent expliquer ces échecs. Décider en temps réel quel intercepteur utiliser pour quel type de projectile est très complexe. L’armée ne peut pas se permettre d’utiliser un missile coûteux pour une simple roquette. Des problèmes techniques peuvent aussi survenir.
Par ailleurs, l’Iran utilise également des bombes à sous-munitions, explique Yeoshua Kalisky, expert à l’Institut d’études de sécurité nationale de Tel-Aviv. « Le missile fonctionne comme un missile balistique classique, mais au lieu d’une ogive unique, il transporte un ensemble de petites bombes à fragmentation, pesant entre 2,5 et 10 kilos. Il peut y en avoir entre 20 et 100 », a-t-il déclaré. Ces munitions explosent en se dispersant sur un rayon pouvant aller jusqu’à dix kilomètres, ce qui rend l’interception encore plus difficile.

