Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux en République démocratique du Congo suscite une vive émotion. On y voit un médecin violenter une patiente qui venait d’accoucher à l’hôpital général de référence de Kinkole, dans la province de Kinshasa.
Dans la séquence, la femme subit un acte médical (apparemment une suture d’une déchirure vaginale) sans anesthésie. La douleur est telle qu’elle se plaint, ce qui énerve le médecin, qui se met alors à la frapper.
Les images ont provoqué un tollé. De nombreuses femmes ont pris la parole pour dénoncer les violences gynécologiques et obstétricales en RDC. Des personnalités politiques ont également condamné les faits, parmi lesquelles la Première ministre Judith Suminwa, la première dame Denise Tshisekedi, et la rapporteure du Sénat Nefertiti Ndudianza.
Le ministère de la Justice a rapidement annoncé l’ouverture d’une enquête, suivi par le ministère de la Santé. Jeudi soir, le ministre Samuel Kamba a confirmé la suspension préventive du médecin concerné et l’ouverture d’une inspection à l’hôpital de Kinkole.
Pour les associations de défense des droits des femmes, il ne s’agit pas d’un cas isolé mais d’un phénomène systémique. Elles appellent les autorités à prendre des mesures plus structurelles pour mettre fin aux violences obstétricales. La patiente, elle, a été prise en charge dans un hôpital privé de Kinshasa.

