La dernière ligne droite de la campagne pour l’élection présidentielle du 12 avril a débuté ce lundi 6 avril au Bénin. Les électeurs sont appelés à choisir le successeur de Patrice Talon, qui achève son deuxième et dernier mandat. Deux candidats briguent la magistrature suprême : Romuald Wadagni, le dauphin désigné du président sortant sous la bannière de la majorité présidentielle, et Paul Hounkpè, qui se présente sous les couleurs des Forces Cauris pour un Bénin émergent (FCBE), un parti d’opposition considéré comme modéré.
Sur le terrain, les deux prétendants se sont pleinement investis, mais les moyens déployés diffèrent nettement. Romuald Wadagni dispose d’une logistique bien plus conséquente, comme en témoigne la présence massive de ses affiches le long des grands axes de Cotonou, là où celles de son adversaire se font plus rares. Tous deux ont parcouru le pays, y compris les zones septentrionales touchées par des attaques terroristes. « J’ai assisté à plusieurs meetings et il y avait du monde, la campagne se déroule à merveille », se félicite Jean, militant de la mouvance présidentielle.
L’exercice est particulièrement scruté pour Romuald Wadagni, technocrate sans expérience électorale directe, qui sollicite pour la première fois un mandat politique. À ses côtés, Paul Hounkpè, rodé aux joutes électorales (colistier en 2021 et deux fois maire de Bopa), semble plus à l’aise dans cet exercice. Après une trentaine d’étapes, Wadagni s’en sort toutefois sans accroc majeur.
Sur le fond, leurs visions divergent. Romuald Wadagni met l’accent sur le développement territorial, tandis que Hounkpè insiste sur les questions sociales et la nécessaire refondation démocratique. Il propose notamment de consulter directement le peuple pour élaborer des lois et un code électoral consensuel, dénonçant une démocratie béninoise « abîmée ».
Pourtant, malgré les meetings et les promesses, certains électeurs restent tièdes. Michel, moto-taxi à Cotonou, a suivi la campagne à la télévision mais ne sait pas encore s’il ira voter. « Il n’y a que deux candidats. Avant, en 2016, il y avait plus de concurrents », regrette-t-il. L’absence du principal parti d’opposition, Les Démocrates, réduit selon lui une offre politique déjà trop restreinte. « Si le vote est déjà joué, je laisse tomber », conclut-il.

