Pour endiguer l’immigration clandestine en provenance du Bangladesh voisin, l’Inde envisagerait sérieusement de lâcher des serpents et des crocodiles aux abords de ses frontières, ont confié des garde-frontières à l’AFP.
Les deux pays sont séparés par plus de 4 000 km de frontière, largement constituée de deltas, marécages et mangroves, dépourvus de toute palissade. Sur la frontière séparant l’État indien du Bengale occidental du territoire bangladais, seuls 1 647 des 2 216 km sont protégés par des barrières.
« On nous a demandé d’étudier l’idée d’un déploiement de reptiles tels que serpents et crocodiles dans les intervalles non protégés », a expliqué à l’AFP Manoj Barnwal, officier supérieur de la Force de sécurité aux frontières (BSF). Ce scénario a été discuté en février lors d’une réunion au quartier général de la BSF.
« C’est une idée innovante, mais elle suscite de nombreux défis, notamment en matière de sécurité. Comment se procurer les reptiles ? Quel serait leur impact sur les habitants des villages installés le long de la frontière ? », a-t-il énuméré. « Nous avons demandé à nos unités sur le terrain de se pencher sur la faisabilité de cette approche », a-t-il ajouté.
Au pouvoir depuis 2014, le gouvernement ultranationaliste hindou de Narendra Modi a fait de la lutte contre l’immigration clandestine (notamment celle en provenance du Bangladesh à forte majorité musulmane) une priorité. Les relations entre New Delhi et Dacca se sont tendues depuis la chute, en 2024, de l’ex-Première ministre bangladaise Sheikh Hasina, actuellement en exil en Inde.
Le ministre bangladais des Affaires étrangères, Khalilur Rahman, effectue ce 8 avril sa première visite officielle en Inde.

