L’affaire de fraude bancaire qui a secoué UBA prend une tout autre dimension. Le journal Libération révèle que les faits découverts au Sénégal ne sont en réalité que « la face visible de l’iceberg » d’un scandale bien plus vaste.
Dans la nuit du 30 au 31 janvier, 1,143 milliard de francs CFA ont été retirés frauduleusement des comptes de 91 clients au Sénégal, au moyen de 3 421 opérations effectuées dans des GAB à Dakar, Thiès et Kaolack. L’agence des Parcelles Assainies a enregistré le plus gros préjudice (314,9 millions), suivie de l’agence Bourguiba (191,3 millions).
Une opération simultanée dans 10 pays
Selon le quotidien, la banque a été victime d’une « opération mafieuse exécutée simultanément dans 10 pays » à travers l’Afrique. Alors que les pirates opéraient depuis le Sénégal, des retraits identiques visaient UBA au Libéria, en Guinée-Conakry, en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, au Togo, au Mali, au Kenya, en Tanzanie et en RDC. Un déploiement qui « atteste d’une opération transfrontalière coordonnée ».
Au Sénégal, l’enquête menée par la Division des investigations criminelles (DIC) a conduit à quatre arrestations. Après deux premiers suspects sénégalais interpellés alors qu’ils tentaient de quitter le pays, deux nouvelles personnes ont été appréhendées. Il s’agit d’un agent de maîtrise supérieur à La Poste, dont les cartes ont servi aux retraits frauduleux, et son complice présumé.
Ce n’est pas la première fois que l’établissement est ciblé. En octobre 2025, UBA Sénégal avait déjà subi une opération similaire, avec 250 millions retirés sur les comptes de neuf clients.

