Contrairement au discours officiel de l’administration Trump, qui présentait l’Iran comme un régime affaibli contraint de négocier sous la pression des frappes américaines, le Financial Times révèle une réalité diplomatique inverse, c’est Washington qui aurait multiplié les démarches pour obtenir un cessez-le-feu, et ce depuis la fin mars 2026.
Selon le quotidien économique britannique, qui cite cinq personnes proches d’un canal de communication confidentiel, l’administration Trump aurait sollicité un arrêt des combats dès le 21 mars (vingt-deux jours après le début du conflit) pour atténuer les conséquences économiques du blocus iranien sur le détroit d’Ormuz.
La fermeture de ce passage stratégique, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, a fait grimper le prix du baril au-dessus de 100 dollars et porté le prix moyen de l’essence aux États-Unis à 4,14 dollars le gallon, contre 2,98 dollars avant le déclenchement des hostilités fin février.
Le Pakistan, médiateur discret
La médiation a reposé sur le chef d’état-major pakistanais, le général Asim Munir, qui aurait servi d’intermédiaire entre Téhéran et Washington. Selon le Financial Times, il était en contact direct avec des responsables iraniens, l’envoyé spécial américain Steve Witkoff, le vice-président JD Vance et Donald Trump lui-même, y compris après que ce dernier eut menacé mardi d’« anéantir la civilisation iranienne » si aucun accord n’était conclu avant son ultimatum.
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a confirmé publiquement son rôle, saluant la sagesse des deux parties et invitant leurs délégations à Islamabad.
Trump a annoncé dans la nuit du 8 avril la suspension des opérations militaires pour deux semaines, conditionnée à la réouverture du détroit d’Ormuz par l’Iran. Téhéran a indiqué que le passage maritime pourrait être rouvert dès jeudi ou vendredi, sous contrôle iranien.
Des négociations formelles entre les deux pays sont prévues le 10 avril à Islamabad, en vue d’un accord définitif mettant fin au conflit.

