C’est un moment important dans le conflit entre l’Iran et les États-Unis, suspendu par un cessez-le-feu précaire de deux semaines. Des discussions directes entre représentants américains et iraniens s’ouvrent ce vendredi 10 avril, à Islamabad, au Pakistan. Les points de discussion sont nombreux.
Le sujet le plus urgent est l’inclusion ou non du Liban dans la trêve. Les frappes israéliennes de mercredi y ont causé un véritable carnage, plus de 300 morts et mille blessés. Elles ont provoqué une forte émotion à travers le monde et de vives réactions diplomatiques, y compris de l’allié américain qui demande à Israël d’agir avec retenue. Hier, l’État hébreu a proposé au Liban l’ouverture de négociations, mais le gouvernement de Beyrouth demande d’abord un cessez-le-feu.
D’autres sujets concernent plus directement le dossier iranien. Il s’agit de la levée des sanctions économiques, le programme nucléaire, et surtout la circulation dans le détroit d’Ormuz. Libre avant le conflit, elle est désormais contrôlée de fait par l’Iran, qui perçoit même des droits de passage.
Problème, tout le monde ne parle pas forcément de la même chose. La partie iranienne a publié un plan en dix points, dont certains parfaitement inacceptables pour les États-Unis. À Washington, on évoque plutôt un document en quinze points, non public.
Le Pakistan, médiateur incontournable
La réunion est rendue possible par le Pakistan. Le pays, puissance nucléaire, entretient de bonnes relations avec l’Iran, les États-Unis, mais aussi avec des pays impliqués dans le conflit comme la Turquie et l’Arabie saoudite. La Chine a également agi discrètement pour que cette réunion soit possible.
Les négociations au plus haut niveau commenceront samedi. Côté iranien, sont attendus le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi et le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, ancien commandant des Gardiens de la révolution. Côté américain, figurent Jared Kushner et Steve Witkoff, les négociateurs habituels de Donald Trump, ainsi que le vice-président JD Vance.
La présence de JD Vance est un signal fort. Isolationniste revendiqué, il est l’un des rares à avoir fait connaître son scepticisme à Donald Trump sur une intervention américaine. Le voilà désormais en pleine lumière. C’est aussi un message à la base MAGA, dont une partie est mécontente du principe même de l’intervention et de ses conséquences économiques, une manière d’envoyer un signal à cet électorat en cette nouvelle année électorale.

