« Nous n’avons pas encore fini le travail ». Cette déclaration du Premier ministre israélien contraste brutalement avec la réalité du terrain. Depuis l’entrée en vigueur de la trêve de dix jours, jeudi soir, les frappes israéliennes contre le Liban sont suspendues. Et pour cause, Donald Trump l’a « interdit ». Dans un message cinglant publié sur ses réseaux sociaux, le président des États-Unis a fixé sa ligne rouge qui place le Premier ministre israélien dans une situation pour le moins inconfortable.
Officiellement, le locataire du bureau ovale est un « ami ». Officieusement, il se comporte comme un tuteur. Face aux caméras, Benjamin Netanyahu tente de justifier ce cessez-le-feu contraint par la nécessité de « donner une chance à une solution politique ». Mais derrière les grands mots, l’image de l’homme fort d’Israël vacille, rapporte le correspondant de RFI à Jérusalem.
Un Premier ministre coincé entre l’aile droite et la colère du Nord
Car l’étau se resserre. À droite, la fureur gronde. Les alliés de Netanyahu crient à la « capitulation ». Dans le nord du pays, les habitants, qui vivent sous la menace des drones et des roquettes du Hezbollah, refusent de rentrer chez eux. Malgré la « zone de sécurité » vantée par le gouvernement, la confiance est en berne. « Le Hezbollah n’est plus que l’ombre de lui-même », assure Benjamin Netanyahu. Mais il concède aussitôt que l’objectif de son démantèlement « ne sera pas atteint demain ».
À la Knesset, l’opposition dénonce une trêve dictée par l’étranger plutôt que par les impératifs de sécurité. Pris entre l’injonction trumpienne et une opinion publique fracturée, le Premier ministre israélien navigue à vue. Et le Hezbollah, bien qu’affaibli, n’est toujours pas désarmé. Loin de là. Le Premier ministre israélien, jadis maître dans l’art de l’équilibriste politique, semble aujourd’hui marcher sur un fil de plus en plus fragile.

