Le procureur spécial de la CRIET, Elonm Mario Metonou, a exprimé dans un document officiel du 20 avril 2026 la satisfaction du Parquet spécial béninois quant à la coopération des autorités sud-africaines dans l’affaire Kemi Seba. L’activiste, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, est détenu en Afrique du Sud depuis son interpellation le 13 avril à Pretoria.
D’emblée, le document précise le rôle circonscrit des autorités politiques dans ce dossier. « Les autorités politiques n’interviennent à ce stade que pour assurer la transmission des demandes par voie diplomatique », peut-on lire. Une formulation qui confirme que si la dimension politique n’est pas absente, la procédure reste avant tout judiciaire et que les échanges entre Cotonou et Pretoria s’effectuent dans un cadre diplomatique classique, sans ingérence directe.
L’auteur du document tient ensuite à saluer un aspect essentiel de cette coopération. « Je tiens à saluer le professionnalisme des autorités policières et judiciaires sud-africaines dans la lutte contre la criminalité sous toutes ses formes », écrit Elonm Mario Metonou. Une déclaration qui n’est pas anodine. Ce constat est d’autant plus notable que les collaborations judiciaires entre pays africains sont régulièrement entravées par des obstacles administratifs ou des réticences d’ordre politique. Ici, le Parquet spécial béninois prend soin de souligner publiquement la rigueur et l’efficacité des services sud-africains, dans un souci manifeste de préserver un climat de confiance entre les deux pays.
Ce document intervient à un moment clé de la procédure. Ce lundi 20 avril, Kemi Seba a comparu devant le tribunal régional de Pretoria aux côtés de son fils Khonsou Séba Capo Chichi, du Sud-Africain François van der Merwe et de deux autres personnes. L’audience, consacrée à l’examen de la situation migratoire irrégulière des prévenus (le visa de l’influenceur ayant expiré il y a deux mois) a été renvoyée au 29 avril. À cette date, la justice sud-africaine examinera la demande de mise en liberté sous caution déposée par les avocats de Kemi Seba. D’ici là, l’activiste et ses co-prévenus restent en détention.
Au-delà de la question migratoire, c’est bien le mandat d’arrêt international émis par le Bénin qui pèse sur l’influenceur. Kemi Seba est poursuivi pour « apologie de crimes contre la sûreté de l’État » et « blanchiment d’argent », après son soutien appuyé à la tentative de coup d’État avortée au Bénin en décembre dernier. Les autorités béninoises voient en lui un agitateur dangereux, capable de déstabiliser l’ordre constitutionnel par son influence sur les réseaux sociaux (1,5 million d’abonnés). L’enjeu de son extradition est donc considérable pour Cotonou.
Le Parquet spécial béninois, conscient des difficultés, suit l’affaire de très près. « Je ne manquerai pas, le cas échéant, de vous tenir informés de toute évolution de cette procédure », conclut Elonm Mario Metonou dans son document. Une promesse qui laisse entendre que les autorités judiciaires béninoises restent mobilisées et prêtes à s’adapter aux rebondissements à venir.

