La Maison Blanche a annoncé lundi 20 avril le départ de Lori Chavez-DeRemer, ministre américaine du Travail, après 13 mois d’un mandat tumultueux sous le signe des accusations de fraude, de relations inappropriées et de climat de travail toxique. Elle est la troisième femme à quitter l’administration Trump en six semaines.
« La ministre du Travail Lori Chavez-DeRemer va quitter le gouvernement pour prendre un poste dans le secteur privé », a sobrement déclaré sur X le directeur de la communication de la Maison Blanche, Steven Cheung. Il a salué son « boulot phénoménal » et précisé que Keith Sonderling, l’actuel numéro deux du ministère, assurerait l’intérim.
Arrivée en poste en mars 2025, cette ex-députée de l’Oregon de 58 ans était réputée proche des syndicats, une position singulière au sein d’un gouvernement dominé par des figures patronales. Son mandat a été marqué par le limogeage de milliers de fonctionnaires, dans la lignée des politiques de Trump.
Mais ce sont les scandales récents qui ont scellé son sort. Selon le New York Post, Lori Chavez-DeRemer fait l’objet d’une enquête pour une relation « inappropriée » avec un subordonné. Elle est également accusée de consommer de l’alcool dans son bureau pendant les heures de travail, ainsi que de fraude pour avoir prétendument transformé des déplacements officiels en voyages d’agrément avec sa famille et ses amis.
Trois plaintes ont en outre été déposées par des employées du ministère, l’accusant d’avoir entretenu un climat de travail toxique, rapporte le New York Times. En février dernier, le même quotidien révélait que son époux, Shawn DeRemer, avait été interdit d’entrée au ministère après avoir été accusé d’agression sexuelle par au moins deux employées.
Lori Chavez-DeRemer succède ainsi à Kristi Noem (Sécurité intérieure) et Pam Bondi (Justice), toutes deux parties sous pression. Une hémorragie qui interroge sur la stabilité du deuxième cercle trumpien, à un an de la fin du mandat.
La Maison Blanche, qui avait jugé ces accusations « sans fondement » en janvier, n’a pas commenté les raisons précises du départ. L’intéressée n’a pas non plus réagi publiquement. Son successeur par intérim, Keith Sonderling, devra rétablir la confiance au sein d’un ministère ébranlé.

